‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 4)Chapitre 201 sur 330 · ACTE ï, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE ï, SCÈNE VII

M. DE SAlNT-CtRAN, stcouanl la têle.

Non, non, jeunes gens, pas tant que vous croyez...

EMMERIC, avec force.

Quand on y est décidé.

HECTOR, de même.

Quand on le veut bien.

M. DE SAim-GÉRAN.

Ce n'est pas une raison!... des ménagements à garder... l'honneur d'une fomille ou d'un mari... le desespoir d'une pauvre femme... son amonr, ses larmes, votre propre faiblesse, mille circonstances que l'on ne peut prévoir, rattachent et renouent à chaque instant les anneaux de cette chaîne d'or, qui est de plomb quand on la porte, et de fer quand on veut la rompre... Moi, qui vous parle, j'étais comme vous... j'avais un amour dans le cœur... lorsque des amis imprudents, pour m'arraclier à cette passion insensée, me proposèrent un riche et illustre mariage... des biens immenses dans nos colonies, la fille d'un marquis, et mieux encore, une femme jeune et belle qu'en tout autre moment j'aurais adorée... Mais, alors, ramené malgré moi sous le joug que je voulais fuir... et longtemps encore luttant contre un ascendant fatal, j'étais insensible aux douceurs d'un nouvel hymen. Je négligeais, je délaissais ma femme, qui jamais, grâce au ciel! n'a connu le secret de ma froideur et de mon indifférence... Mais enfin cela pouvait arriver... et pour la sécurité et le repos de votre ménage, vous voyez que malheureusement votre beau-père a raison.

EMMERIC,

Non, Monsieur... et vous pouvez lui dire que je suis libre... aujourd'hui, aujourd'hui même j'espère, par la douceur et la raison, faire comprendre à une autre personne... et l'amener d'elle-même...

HECTOR, à M. de Saînt-Géran, qui secoue k têle avec incrédulité.

Je suis sa caution... et à nous deux...

M. DE SAINT-CÉRAN

A nous trois!...

Qu'y a-t-il?

EMMERIC, se relournanl.

236 UNE CHAIiNE.

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