‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 4)Chapitre 282 sur 330 · JULIETTE, THÉRIGNY · texte numérisé non relu

JULIETTE, THÉRIGNY

JULIETTE

Monsieur de Thérigny, notre jeune notaire!... de si bonne heure chez moi!... C'est charmant et très-dangereux !... On est bavard en province, et une visite aussi matinale va me compromettre.

THÉRIGNY

Vous, Madame!... Vous savez bien que c'est impossible... Vous avez été jusqu'ici, impunément, la plus aimable et la plus jolie femme du département.

JULIETTE, vivement.

Silence!... Si les femmes vous entendaient!

322 OSCAR

tHÉRiGNY.

Et puis, je viens pour affaires, tout uniment.

JULIETTE, souriaul.

Tout uniment?

THÉP.IGNY.

Oui, Madame... par malheur!...

JULIETTE

C'est Irès-galant... Eh bien! Monsieur?

IHÉRIGNY.

Eh bien! Madame... cette belle cattpàghe (îontvous avez tant d'envie... à deux lieues de la ville?...

JULIETTE

Celle du préfet?

THÉRIGNY

11 veut s'en défaire.

JULIETTE

En ètes-vous sûr?

THÉRIGNY

Il me l'a dit lui-même... Et comme plusieurs fois je vous avais entendu parler de cette propriété...

JULIETTE

C'est mon rêve!... J'en ferais quelque chose de délicieux... mais il faut que mon mari veuille bieii l'acheter...

THÉRIGNY

Lui... fils d'un riche banquier et receveur général de notre département, peut bien, sans se gêner, et siir son superflu...

On n'en a jamais.

thérîgîsy.

D'accord... Mais, enfin, il vous aime épefdiimènt... il obéit à toutes vos volontés.

JULIETTE

Pas tous les jours... Il y en a où j'ai tout crédit, où je puis tout demander, et d'autres où il faut...

THÉRIGNY

Céder?

JULIETTE

Je ne cède jamais !

THÉIUGNY.

Que faites-vous, alors?

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