JULIETTE, THÉRIGNY
JULIETTE
Monsieur de Thérigny, notre jeune notaire!... de si bonne heure chez moi!... C'est charmant et très-dangereux !... On est bavard en province, et une visite aussi matinale va me compromettre.
THÉRIGNY
Vous, Madame!... Vous savez bien que c'est impossible... Vous avez été jusqu'ici, impunément, la plus aimable et la plus jolie femme du département.
JULIETTE, vivement.
Silence!... Si les femmes vous entendaient!
322 OSCAR
tHÉRiGNY.
Et puis, je viens pour affaires, tout uniment.
JULIETTE, souriaul.
Tout uniment?
THÉP.IGNY.
Oui, Madame... par malheur!...
JULIETTE
C'est Irès-galant... Eh bien! Monsieur?
IHÉRIGNY.
Eh bien! Madame... cette belle cattpàghe (îontvous avez tant d'envie... à deux lieues de la ville?...
JULIETTE
Celle du préfet?
THÉRIGNY
11 veut s'en défaire.
JULIETTE
En ètes-vous sûr?
THÉRIGNY
Il me l'a dit lui-même... Et comme plusieurs fois je vous avais entendu parler de cette propriété...
JULIETTE
C'est mon rêve!... J'en ferais quelque chose de délicieux... mais il faut que mon mari veuille bieii l'acheter...
THÉRIGNY
Lui... fils d'un riche banquier et receveur général de notre département, peut bien, sans se gêner, et siir son superflu...
On n'en a jamais.
thérîgîsy.
D'accord... Mais, enfin, il vous aime épefdiimènt... il obéit à toutes vos volontés.
JULIETTE
Pas tous les jours... Il y en a où j'ai tout crédit, où je puis tout demander, et d'autres où il faut...
THÉRIGNY
Céder?
JULIETTE
Je ne cède jamais !
THÉIUGNY.
Que faites-vous, alors?