ACTE IV, SCÈNE II
LE VICOMTE
Quoi! Monsieur, vous pourriez croire...
COQUEISET.
Ce n'est pas moi qui le dis... ce sont ces messieurs, vos amis iutiiues, qui préteudciil que, d'ordinaire, vous ne détendez pas la réputation dos dames, au contraire, mais que, dans cette occasion, et pour faire son chemin, on peut déroger, une fois par hasard, à ses principes.
Mais c'est une infamie... Moi, capable d'un mensonge, d'une bassesse pour flatter un ministre, pour obtenir une place... Je suis donc, à leurs yeux, un indigne, un misérable... C'est pour cela que, tout à l'heure, Dervière a détourné la tète, et ne m'a pas salué...
COQUENET.
Allons donc, vous vous trompez.
LE VICOMTE
Non, non, et je lui en demanderai raison. Mais apprenez-moi tout, racontez-moi ce qu'ils ont dit...
COQUENET.
Rien que d'inoffensif et de tout naturel; ils prétendent que, maintenant, vous voilà ministériel, et qu'avant trois mois vous serez secrétaire d'ambassade... grâce à ce désaveu...
LE VICOMTE
Que je regrette maintenant. Oui, j'ai eu tort, c'est ma faute, et pour un rien je dirais que c'est vrai...
BELLEAU
Dame!... si c'est vrai, dites-le...
LE VICOMTE
Eh non! morbleu ! cela n'est pas!...
COQUENET, froidement.
Alors, ne le dites pas, et ça reviendra au même! car maintenant, que vous le disiez ou non, ce sera exactement la même chose.
LE VICOMTE
Eh! Monsieur, vous me feriez damner, et si vous n'étiez pas un homme respectable... c'est à vous d'abord que je m'adresserais...
COQUENET, effrayé.
Par exemple!...
LE VICOMTE, le rassuranl.
Eh non!... je sais bien que ce n'est pas voire faute, que vous
êtes innocent de tout ceci. Mais enfin, je ne sais plus que dire, ni que faire... je n'oserai plus défendre cette jeune personne... Et d'un autre côté, cependant, et de peur de paraître ministériel, je ne peux pas trahir ma conscience et la \'érilé...
COQVENET.
Silence! voici le ministre!...