‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 5)Chapitre 155 sur 255 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

VELASQUEZ, PALOMITA, entraal.

VELASQUEZ, d'un air brusque.

Qui t'amène? que viens-tu faire?

SCÈNB V. !7l

PALOMITA, à pari.

Ah! moû Dieu! qu'il a l'air bourru, C'est maintenant son ordinaire!

VELASQUEZ, ayec impatience.

Qui t'amène'... répondras-tu?

PALOMITA, avec naïveté et douceur.

Vous m'aviez or Jonné, mon maître, (Vous l'avez oublié peut-être), De venir ce matin... je yien!

VELASQUEZ

C'est vrai !

PALOMITA .

Pourquoi?... je n'en sais rien!

VELASQUEZ , brusquement et sans la regarder. Pour re tableau qu'il faut terminer aujourd'hui J'ai besoin de tes traits!

PALOMITA, vivement.

De mes traits?... me voiri!

ENSEMBLE

VELASQUEZ, à part.

Rien qu'à sa voix, rien qu'à sa vue.

De cetle fièvre qui me tue Je sens en inoi naître les feuï; Tourments nouveaux!... honte nouvelle, Je tremble hélas! et devant elle Je n'ose plus lever les yeux.

PALOMITA , à part.

Rien qu'à sa voix, rien qu'à sa vue.

Une ivresse en mon âme émue Vient porter son trouble joyeux; Tout s'embellit, se renouvelle.

Le soleil plus pur étincelle Et pour moi s'entr'ouvreut les cieux!

VELiSQUEZ, se retournant yers Palomila qui, immobile, le regarde. Eh bien! que fais-tu là? monte sur cette estrade? PALO.MITA, montant sur l'estrade à gauche. Debout?

VELASQUEZ, sans la regarder.

Non!... non, le corps penché vers moi.

PALOMITA, souriant.

Humble servante, ici je monte en grade Eu vous servant de modèle...

VELASQUEZ, avec impatience.

Tais-toi!...

Ton parler me distrait... me trouble... me dérange!

l'ALOMITA, d'un air soumis.

Je me tais 1

VELASQI;EZj levant les veux sur elle.

Cette pose... eh! mais non! pas ainsi... (S'approchant d'elle et tendrement.) Ce regard doux et pur comme celui d'un ange,

( Lui élevant le bras. ) Et tes bras vers le ciel ! . . .

( A part , et s'éloignant vivement. )

Ah ' ma main a frémi En rencontrant la sienne!...

PALOMITA , levant les yeui et les bras vers le ciel.

Est-ce bien ainsi, maître?

VELASQUEZ, à part, à gauche, près de son tableau. 0 pouvoir infernal, qui dompte tout mon être!

(Avec exaltation et à voix haute, sans s'adresser à Palomita.) Non! esclave, à genoux!... à genoux!

PALOMITA, s'y mettant.

M'y voici!

VELASQUEZ , se retournant avec étonnement. Que fais-tu?

( La regardant , à part , et avec admiration. ) Qu'elle est belle!

( A part. ) Ah! reste... reste ainsi!

Que vers moi, seulement, ta paupière baissée Se lève lentement, ainsi que tes beaux bras. (Paloinita à genoux sur l'estrade tourne vers lui ses yeux et ses bras suppliants.) Que ton regard exprime une tendre pensée... Plus tendre encor!...

( Palomita le regarde avec amour.) Non ! non ! ne me regarde pas !

ENSEMBLE

VELASQUEZ, à part.

Kien qu'à su voix, rien qu'à sa vue.

De cette liè\re qui me tue.

Etc., etc.

PALOMITA, à part.

Rien (pi'a si voix, rien qu'à sa vue,

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