SCÈNE PREMIÈRE
LA MARCHESA, PEPINELLI, la suivant.
PEPINELLI.
Cette pantre de bal... double votre beauté, et jamais vous n'avez été plus séduisante.
LA MARCHESA, sans le regarder, et s'occupant d'arranger sa toilette.
Vous troiivez?.. (s'adressant à lui.) Vous êtes-vous occupé de l'orchestre?
PEPINELLI.
C'est nécessaire, quand dans la même soirée on a un concert et un bal; aussi nous aurons, marquise, les plus illustres amateurs de Rome ! pour le premier violon et la basse... les
520 MARCO SPABA.
princes Corsini et Rospigliosi. Et puis... (s'arrètant.) Ali ! je voulais vous demander si je poux apporter mon hautbois
LA MARCHKSA, d'un air indiffcreiit.
Votre hautbois... je n'y vois pas d'inconvénient.
PEPINEU.I.
Je l'apporterai donc.
LA MARCHESA, vivement.
A condition que vous n'en jouerez pas.
PEPINELLl, avec colère.
Comment ?
LA MARCHESA
Eh bien ! si, vous en jouerez... (a part.) Tant pis pom* eux.
PEPI^ELLI.
Et autre chose encore... (Avec tendresse.) Depuis si longtemps que je vous aime sans intérêt...
LA MARCIIESA, sans le regarder.
Avez-vous pensé au programme du concert, à nos morceaux de musique?
PEPINELLI, lui répondant.
J'en ai de nouveaux, j'en ai de charmants... (Avec passion.) Et il me semble qu'une passion .. qui a trois ans de date., mériterait depuis longtemps...
LA MARCHESa , sans le regarder.
Sa retraite.
Dites plutôt une récompense...
LA MARCHESA
N'en est-ce pas une de vous écouter... de vous permettre de me servir?..
PEPINELLI.
Certainement... Le poste de cavalier servant est un eniplr.' honorable...
LA MARCHESA
Mes gants!..
PEPINELLI.
Voici !.. mais quand on y joindrait par hasard quelques honoraires...
LA MARCHESA
Mon éventail !
PEPINELLI, timidement.
Je dis quelques légers lionoraiies...
En vcritc !