‹ Théâtre de Eugene ScribeChapitre 210 sur 349 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les précédents, RUGGIERO, suivi des secrétaires du concile, et lenant

à la main l'arrêt de condamnation.

RUGGIEhO, faisant signe à Éléazar et à Rachel de s'avancer.

Le concile prononce un arrêt rigoureux : Il vous a condamnés!

ÉLÉAZAR

Tous les trois?

nCGGIERO.

Tous les deux!

ÉLÉAZAK UT RACHFX.

Et Léopold?

RUGGIERO

Dans sa toute-puissance, L'empereur le bannit!.,. De fidèles soldats Loin des murs de Constance • Ont entraîné ses pas !

ÉLÉAZAR , avec indignation.

On épa/gne ses jours ! lui qui fut son complice! Voilà donc des chrétiens l'éternelle justice!

RUGGIERO

Un témoin digne de foi Le déclare innocent.

ÉLÉAZAR

Qui l'ose attester?

Moi!

ÉLÉAZAR, d'un ton de reprocha

Quoi 1 Rachel ! quoi ! c'est toi Qui le dérobes au supplice?

RUGGIERO , à Rachel.

Que votre voix déclare et public en ces lieux Que mri ne vous dicta ces importants aTcux.

RACHEL , s'adressaut au peuple.

Devant Dieu qui connaît quel sentiment me guide, Devant ce Dieu qui seul peut lire dans mon cœur, De nouveau je l'atteste : oui , ma bouche perfide Hier a proclamé le mensonge et l'erreur!

CHOEUR

0 forfait exécrable !

RACHEL. '

Oui, ma jalousie implacable Voulut perdre ce que j'aimais, Et Léopold n'est pas coupable Du crime dont je l'accusais.

ENSEMBLE

ÉLÉAZAR

Funeste amour qui seul la guide!

Funeste générosité !

Pour sauver les jours d'un perfide, Elle traliit la vérité!

AiîTE V, SCÈNE TV. 213

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