‹ Théâtre de Eugene ScribeChapitre 211 sur 349 · RUGGIERO ET LE PEUPLE · texte numérisé non relu

RUGGIERO ET LE PEUPLE

0 Dieu ! notre souverain guide, C'est par ton pouvoir redouté Que l'infidèle, la perfide, Rend hommage à la vérité!

RACHEL , à part.

0 toi ! mon soutien et mon guide, Mon Dieu, ne sois pas irrité !

Oui, c'est pour sauver un perfide Que j'ai trahi la vérité!

RUGGIERO

Vous avez tous les deux, dans un fatal délire. Accusé faussement un prince de l'empire.

Le bûcher vous attend, Des enfants d'Israël trop juste châtiment !

SCÈiNE IV.

Les précédents; BROGNI et les prlncipaux membres dl concile.

cuœuR.

Gloire au juge équitable Dont la voix redoutable Sait pimir le coupable Et venger l'innocent!

(Montrant Éléazar et Rachel.)

Que s'accomplisse Leur châtiment !

De leur supplice Voici l'instant,

RACHEL, à Eiéazar.

Prête à quitter la tenc, ,

Asile de douleurs.

Bénissez-moi, mon père.

Et cachez-moi vos pleiuï-'.

BROGNI, à Éléazar.

A ton heure dernière.

Oubliant ta rigueiu*, Révèle ce mystère D'où dépend mon bon.heur.

ÉLÉAZAR, regardant tour à tour Rachel et Bro .'.i.

Mon Dieu ! mon Dieu ! que dois-je faire?

2U tA JUIVE.

Combats affreux! toiirraont cruel!

(Regardant Rachel.)

Faut-il la laisser siu- la terre?

Ou bien la rendre à l'Éternel?

Inspire-moi, Dieu d'Israël !

RUGGIEUO, donnant le signal du supplice.

Il est temps !

CHOEUR DU PEUPLE

Plaisir, ivresse et joie!

Contre eux que l'on déploie Et le fer et le feu !

Gloire ! gloire ! gloire à Dieu !

(Lr marche du cortège funèbre commence; on sépare lUéazar de Racliel, et on

va l'entraîner.)

ÉLÉÀZAR, l'écrie.

Arrêtez !

(Brogni donne l'ordre de suspendre la marche.) ÉLÉAZAR, montrant Rachel.

Un seul mot !

(Brogni donne l'ordre de laisser Éléazar parler seul à Rachel.)

fcLÉAZAR, prenant Rachel par la main, l'amène au bord du théâtre et lui dit

à voix basse.)

Rachel ! je vais mourir !

Veux-tu vivie?

RACHEL, froidement.

Pourquoi? pour aimer et souffrir?

ËLÉAZAR.

Non, pour briller au rang suprême !

KACHEL,

Sans vous?

ÉLÉAZAR, froidement.

Sans moi!

RACHEL, étonnée.

Comment?

ÉLÉAZAU.

Ils veulent sur ton front verser l'eau du baptême; Le veux-tu, mon enfant?

RACHEL, avec indignation.

Qui? moi chrétienne !... moi !... non !

(lloutrant l'échafaud.)

La flamme étincelle f

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