‹ Théâtre de familleChapitre 27 sur 104 · LA B A II ON NE · texte numérisé non relu

LA B A II ON NE

Vilain ! (sc reprenant.) MonsieuF le marquis !

VILAIN

Que voulez-vous ! je l'aime, cet enfant, comme s'il était à moi, et je serais bien fier de voir mon vieux nom refleurir sur cette jeune tige.

LA BARONNE

Je n'en puis revenir... , un vrai marquis garde-chasse !

Vous aimeriez mieux garde des sceaux ; vous n'êtes pas difficile! Pour moi, quand je suis dans les bois, mon chien devant moi, mon fusil sur l'épaule, le roi n'est pas mon maître. Il me semble que je suis au milieu de mes domaines, et je suis heureux.

LE BAUON.

Mais enfin, vous ne pouvez rester dans cette position subalterne.

VILAIN

Laissez donc : le renard est trop vieux pour changer de lanière. Aujourd'hui, je ne troquerais pas mon genre de vie pour un empire. Je chassais pour votre service : mon Dieu, si cela vous déplaît, je chasserai pour mon plaisir;

ce sera toujours la même chose. Et si, le soir, je trouve une bouteille de vieux vin pour me réchauffer le cœur, je n'aurai plus rien à désirer, et je regarderai de loin M. Paul réaliser les rêves de ma jeunesse, que la misère a étouffés et que l'absinthe a noyés... Eh bien! c'est entendu, n'est-ce pas : monsieur Paul sera marquis do Vaguebois et épousera mademoiselle Isaure?

Le baron regarde la baronne.

LA BARONNE

C'est entendu.

Elle tend In main au baron, qui la lui serre avec empressement. VILAIN.

Alors, laissez-moi aller réconforter ce pauvre garçon.

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