‹ Théâtre de familleChapitre 64 sur 104 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

RAYMOND, seul.

Ma fille! je vais la voir, ma fille! Que ce mot est charmant, ma fille! Je n'en avais jamais compris toute la douceur. Je vais la presser dans mes bras , chère enfant !

C'est qu'elle est belle, ma fille !... comme sa mère à viogt ans..., mieux encore : un air doux et fier à Ui fois... Et je vais l'embrasser! Quelle ineffable félicité! Je vais l'embrasser... et puis je partirai... Je partirai... En auraije le courage? Hélas ! il le faut. Elles sont heureuses ; et moi, spectre importun d'un passé oublié, je ne puis que troubler leur existence!... Ce mariage d'Antoinette, où elles ont mis leur espoir, ma présence le romprait peutêtre, ma présence gâterait tout. Mieux vaut rester inconnu... Mais comment faire pour ne pas me trahir?... Ah! je le sens, c'est impossible, si je la revois... Ne pas la revoir! c'est bien dur... Allons, soyons homme, et sachons renoncer à une satisfaction qui pourrait leur être si cruelle... Du courage!... Je la regarderai un instant, là, derrière la porte, et puis je partirai; et que Dieu la protège 1..^.

II sort.

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