‹ Théâtre de familleChapitre 76 sur 104 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

MADAME DE NÉRIS, DORVAL

MADAME DE NÉRIS

Vous voyez Henri dans l'exercice de ses fonctions ; il commence à s'en acquitter fort convenablement. Il fait très-bien les commissions. Ce pauvre Henri, il a gagné énormément depuis son mariage. Vous avez dû le remarquer. C'est une bonne nature ; mais la vie de garçon l'avait un peu gâté, il y avait de quoi. Dame ! j'en ai appris de belles sur l'existence que vous meniez. N'en parlons plus, le passé est effacé; mais vous devez comprendre qu'il est un âge où les folies, trop facilement excusées de la jeunesse, deviendraient, en se prolongeant, ridicules et odieuses. Nous avons des devoirs à remplir, et nous ne so nmes pas sur terre uniquement pour nous amuser.

DORVAL, orec une nuance d'ironie.

Je m'en aperçois, madame, trop souvent...

MADAME DE NÉRIS

Vous êtes de mon avis, je n'en suis pas surprise ; car,

178 Tin'^ATiu: i)i: familli:

avec vuiic esprit, il est impossible que vous n'ayez pas réfléclii plus d'une fois sur la futilité des plaisirs et sur le but sérieux de la vie.. . Je remarque que vous avez une cravate charmante; donnez donc l'adresse à Henri; je ne sais où il prend les siennes, mais elles eont affreuses... Oui, monsieur Dorval, vous devez me comprendre. Encore quelques conversations sur ce sujet, et je suis sûre que nous nous entendrons complètement. J'ai une grâce d'état pour la conversion des pécheurs. Demandez à Henri. Maintenant, permettez que j'achève ma toilette. Je vous traite en intime, comme vous voyez. Faites comme ciiez vous, lisL'z le journal, ou méditez sur les joies elles devoirs du mariage.

Elle sort.

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