‹ Théâtre de familleChapitre 77 sur 104 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

DORVAL, i,u,s JUSTINE.

D OR VAL, seul.

Et allez donc, turlurette ! Voilà une petite femme qui ne manque pas d'une certaine présomption. Elle est jolie, ma foi, très-jolie, mais elle a une trop haute idée de son éloquence. Et puis je la trouve charmante : « Faites

L'ENVERS D'UN REAII MAIUAGE i^9

comme chez vous. » Mais si j'étais chez moi, je dînerais,

(il regarde sa montro.) CaF il SC fait bicil tard.

Justine entre oveo une pelle à main et orrango lo feu.

Peut-on, sans indiscrétion, vous demander, mademoiselle, à quelle heure on dîne dans cette maison ?

JUSTINE, se retournant.

Mon Dieu, monsieur, il n'y a pas d'heure. Gela dépend de la toilette de madame.

Mais regardez-moi donc..., vous avez les yeux rouges ; je ne me trompe pas, vous venez de pleurer?

JUSTINE, essuyant ses yeux.

Dame, quand on est bousculée toute la journée!

Bousculée, allons donc ! Madame de Néris n'a pas l'air de bousculer les gens.

JUSTINE

Je voudrais vous y voir. Les parents de madame et monsieur lui-même lui ont tant répété qu'elle était un modèle de raison, que madame ne veut plus supporter la moindre contradiction. Tant que tout marche au gré de

ses désirs, elle est charmante!: mais à la moindre conlrarlété, elle gronde, elle tempête...

nORVAL.

Une femme si bien élevée ! j

JUSTINE. '

Allez, monsieur, l'éducation n'y fait rien du tout. ' Avant lie servir ici, j'étais chez une bouchère. Elle me i disait : « Jarni-Dieu ! quelle buse ! » Madame me dit : j « Bonté divine ! quelle patience! » Bonté divine, c'est sa j manière de jurer. Au fond, c'est toujours la même chose, ; le diable n'y perd rien.

nORVAL. !

Voyons, calmez-vous, jeune fille, et surtout n'allez pas pleurer dans la friture. ,

Justine sort. !

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