‹ Théâtre de familleChapitre 92 sur 104 · LOUISE, MARIE, CAROLINE · texte numérisé non relu

LOUISE, MARIE, CAROLINE

LOUISE

i\la tante va beaucoup mieux et m'a promis de descendre bientôt.

MARIE

Quand on a passé trois heures avec des fermiers, il est bien permis d'avoir la migraine. Je ne connais rien de plus ennuyeux que leurs réclamations et leurs explications.

CAROLINE

Tu trouves, Marie; lu devrais t'y habituer pourtant, car si tu deviens jamais madame de Glary, tu auras souvent affaire aux paysans : j'ai entendu dire que monsieur de Ciary comptait habiter la campagne.

Eh! qu'il y reste avec son auguste épouse! Ce ne sera pas moi. J'ai réfléchi, je ne veux pas encore me marier. Pour toi, Caroline, je pense que ce monsieur te convient tout à

LES TROIS SOEUUS 227

fait. Tu n'es pas ambitieuse; le nom t'importe peu, et tu ne serais peut-être pas inconsolable de t'appeler madame Robineau.

CAROLINE

Robineau, pourquoi ce nom-là?

MARIE

Oui, on m'a dit que monsieur de Clary s'appelle Robineau; et c'est ce nom charmant qu'il vient mettre à tes pieds.

Oli! moi, je suis trop jeune, tu l'as dit ce matin, et je respecte trop les droits de naissance.

LOUISE

Mon Dieu, mes sœurs, êtes-vous folles ! Il s'agit d'une personne que vous n'avez jamais vue; et, sans la connaître, sur le bavardage de je ne sais qui, vous faites des projets que vous renversez avec, la môme facilité ! Vous êtes réellement trop jeunes pour vous marier.

MARIE

Eh mais! j'y pense; toi, Louise, tu es notre aînée, donne-nous le bon exemple.' Avec tes goûts simples, tu seras très-heureuse à la campagne et tu nous feras avec dignité les honneurs du château de la Robiniôre.

LOUISE

Vous feriez mieux d'aller chercher ma tante, pendant

que je vais tailler les dernières chemises de notre trousseau.

CAROLINE

Tu as raison. Viens-tu, Marie?

Caroline et Marie sortent.

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