ENTRE DEUX CHAISES
pharmacien, vétérinaire, il purge, il saigne, il
achève .par le poison, par le fer , par le feu , ces
débris, humains , ce cadavre obstine. Adieu, adieu,
.pauvè-e LegrisîOh! la belle veuve, belle, riche, qui
s 'va Tépouser? Parbleu! son complice Leblanc, le
" docteur Leblanc. Non, il est trop vieux aussi celui-là.
■. -Mi^iis ïi a un tils, un fils providentiel. Qui doit épouser
.fia veuve de l'assassine, si ce n^est le fils de l'assassin?
^-; (a droite.) Vous êtes un calomniateur !
' (a gauche.) Vous n'avez pas de témoins.
(a droite.) Un insolent !
(a gauche.) Je le sais bien.
(a droite.) Un drôle !
(a gauche.) Parfait !
(Adroite.) Vousdiffamez un galant homme.
(A gauche.) Quoi I ce pauvre Legris, ce piteux Legris, ce gros imbécile que je vois-là assis dans ce fauteuil ?
(a droite.) Je me moque bien de Legris, de son fauteuil et de sa femme.
(a gauche.) Allez^vous promener.
(a droite.) Vous pouvez dire que Legris est un mari stupide, ridicule et malheureux; mais vous m'avez insulté et je vous en demande raison.
(a gauche.) Ta, ta, ta, ta!
(a droite.) Polisson!
(a gauche.) Gamin!
(Au milieu. — 11 prend les chaises de droite et de gauche et les cogne l'une contre l'autre.) Et vli ! et vlan! Et pif! et paf ! (jetant les chaises à droite et à gauche.) Et voilà cependant à quoi servent les avocats. Au diable les donneurs de conseils. Je n'en ferai qu'à ma tête et j'épouserai... Angélique, (il relève la chaise de droite.) A moins
que je n'épouse madame Plombière. (il relève la chaise de gauche et fait mine de sortir, mais revient.) A moins que je n'épouse ni Tune ni l'autre.
11 se retire en emportant les deux chaises qu'il place au fond de l'appartement et sort par le fond.
ri Z DE ENTRE DEUX CHAISES
SIMILIA CONTRARIIS