‹ Théâtre de George SandChapitre 128 sur 142 · SCÈNE III LES MÊMES, M A R C A S S E , apportant un manteau · texte numérisé non relu

SCÈNE III LES MÊMES, M A R C A S S E , apportant un manteau

mXrcasse.

Le matin très-froid... Votre manteau...

BERNARD

Excellent ami ! Tu songes à cela! (Regardant ie chevalier.) Tiens !

donne ! (il veut prendre le manteau pour en couvrir le chevalier : un de ses gardiens, qui se promène en se croisant dans le fond, fait un pas vers lui et, d'un signe, l'avertit d'aller reprendre sa place.) Allons ! il Ul'eSt défendu de llli

parler ! On craint peut-être que je ne l'assassine, lui aussi !...

(il retourne au fond et se tient immobile, avec une sorte d'apathie tranquille. Marcasse s'est approrhé du chevalier et veut lui mettre doucement le manteau.) LE CHEVALIER.

Merci, bon Marcasse, je ne sens pas le froid; je ne dormais pourtant pas, je ne puis songer qu'à ce malheureux.

M AR CASSE

Oui, bien malheureux, bien calomnié!

LE CHEVALIER

Tu persistes à le croire innocent, toi !

MARCASSE

Oui! ce qu'il avait vu ici... dans cette fatale chambre, il l'avait bien vu ! et moi aussi, ailleurs !

LE CHEVALIER

Oui, oui, mais Bernard refuse de confirmer tes doutes. Il ne se souvient de-rien, ou il rougit de donner un rêve pour une certitude.

MARCASSE

Bernard ne veut pas se défendre. Bernard veut mourir!... A quoi bon des preuves, quand la conscience dit : l'homme est juste? Si vous saviez là-bas! quelle estime, quelle bonne renommée, un grand coeur, monsieur !

LE CHEVALIER

Ah ! c'est que tu l'aimes, toi !

MARCASSE

Lâche et méchant, je ne l'aimerais pas.

LE CHEVALIER

Sans être lâche... une passion insensée...

MARCASSE

Il se serait tué sur le coup !

Enfin tu soutiens avec confiance que l'autre...

MARCASSE

Oui.

LE CHEVALIER, se levant.

Ah ! monsieur de La Marche !

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