M A D A ME VA N D E R K E
Et puis, c'est un jour maigre!
VICTORINE
Et le samedi aussi !
M. VANDERKE
Eh bien, remettons au dimanche, ce sera le deux du mois prochain, dans cinq jours.
VICTORINE
Dans cinq jours? déjà!
ANTOINE
11 faut pourtant se décider!
FULGENCE, qui a observé Victorine.
Permettez, monsieur Antoine! (a m. vanaerke.) Pardonnezmoi, monsieur... mais mademoiselle Victorine semble con-
traire à nos empressements , et je ne voudrais pas qu'on lui imposât...
M. YANDERKE.
C'est bien à vous, Fulgence : c'est du dévouement, de la soumission. C'est une preuve d'amour qu'on saura apprécier. Il ne faut pas, en effet, tourmenter la modestie. Il faut la respecter, l'attendrir, la convaincre.
ANTOINE
Mais, monsieur...
M. YANDERKE. se levant.
Tu ne dois pas t'en mêler non plus. Mais comme, à cause du prochain départ de mon fils, il faut arrêter nos plans aujourd'hui, laissons ces fiancés ensemble et allons faire un tour de jardin. Nous* revenons tout à l'heure, mes enfants, et vous nous direz le jour que vous aurez choisi d'un commun accord.
SOPHIE
C'est bon, cela, mon père ; vous donnez toujours le conseil et l'exemple de la condescendance pour notre sexe.
M. VANDERKE, oiï.ant le bras à sa femme.
Respecter ce qu'on aime ! je m'en suis toujours si bien
trOUVé! (ils sortent par le jardin. Vanderke fait passer Antoine devant lui; il sort avec sa femme ; Sopbie les suit, et au moment de disparaître, elle fait signe à Alexis de venir avec ses parents; Alexis, d..iit le regard était attaché sur victurine, lui fait un signe d'adieu et sort.)