‹ Théâtre de George SandChapitre 53 sur 142 · TOI CHAR D · texte numérisé non relu

TOI CHAR D

Que faisait cette pomme sur son arbre, et que va-t-elle devenir si je ne la mange? (n mor.i dan* u pomme.; C'est ainsi que d'heure en heure nous mûrissons, mûrissons; et puis, d'heure en heure, nous pourrissons, pourrissons, jusqu'à ce que la mort nous croque et que la terre nous avale.

Voila un fou sentencieux! Ètes-vous tous maintenant de cette humeur-là?

TOUCHARD

Oui, monsieur. Autrefois les grands étaient trop sages; ils inventèrent les fous pour avoir de la gaieté. Mais peu à peu ils ont pris notre folie et nous ont laissé en échange leur sagesse. Nous aurions dû demander du retour.

LE DUC

De mieux en mieux! Mais de quel pays viens-tu, et quel maître as-tu ser\i?

TOUCHARD, qui mange arec avidité.

Tout à l'heure... Je... On m'a dit... (a part.) On m'a dit de le préparer adroitement à l'arrivée...

LE DUC

Parle, peut-être sauras-tu des nouvelles de ceux qui m'intéressent.

TOUCHARD

Oh! des nouvelles, j'en ai la bouche toute pleine... Il n'y a, à vrai dire, que de vieilles nouvelles à la cour de votre frère.

LE DUC, se levant.

Mon frère! tu es donc...

TOUCHARD

L'ami intime, le favori, les délices des deux princesses, ce qui me fait penser à vous dire que votre fille Rosalinde se porte aussi bien que vous el moi, et que monsieur Jacques, mon camarade, est là, tout près, qui attend votre bon plaisir.

LE DUC, se levant.

Jacques est là? Que ne le disais-tu tout de suite? Jacques!

Jacques! OÙ donc êtCS-VOUS? (il passe à gauche.] TOUCHA RI).

Ayez patience! Monsieur Jacques a pris fantaisie de vous amener un page, et le garçonnet retarde sa marche.

LE DUC

Un page, à moi, et un fou? Que veut-il que je fasse de deux serviteurs de cette espèce?

TOUCHARD

Mais ils viennent; les voilà.

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