BERNARD, M. AUBERT, EDMÉE, PATIENCE
MARCASSE
M A R C A S S E . à la cantonade.
Reste-là, Blaireau, cl fais bonne garde.
EDMEE, allant au-devant de Marcasse.
Marcasse? ah! peut-être a-t-il des nouvelles de mon père;
MARCASSE
Non. Je vous cherchais !
EDMÉE
Moi? comment saviez-vous ?...
MARCASSE, lui fait signe d'un air mystérieux et toujours avec
une pantomime solennelle. Elle le suit a la droite du théâtre pendant que Patience
et M. Aubert s'approchent de Bernard vers la cheminée.
Je sais tout ! Je vous ai vue.
EDMÉE
Où donc ?
MAR CASSE
Là-bas... J'ai couru pour appeler la maréchaussée.
EDMÉE
C'était vous ?
MARCASSE
Mais je n'ai pas dit... Une fille comme vous... La Roche- Mauprat... Que croirait-on?
EDMÉE
Oui... mon honneur... celui de mon père!
MARCASSE
Un assassin... Jean Simonard était chez eux, j'ai dit : Allez. — Je vous ai vus fuir, je vous suivais.
EDMÉE
Oh ! le cœur dévoué ! je vous bénirai tous les jours de ma vie ! Aidez-moi à sauver ce jeune homme et à rejoindre...
PATIENCE, qui est monté à l'échelle.
Qu'est-ce qu'il y a donc? le ciel est tout rouge, la forêt brûle... Mais non... Attendez! C'est la Roche-Mauprat !
BERNARD, bondissant.
Le feu à la Roche-Mauprat!... Oh! c'est la défaite et l'outrage ! c'est le sceau du vasselage sur l'écusson de la famille !.. . Honte à votre père, Edmée, honte à vous comme à moi si les Mauprat sont arrêtés et jugés, si leur château est pris et rasé !... J'irai !... Je ne peux pas laisser égorger mes oncles... Malgré tout le mal qu'ils m'ont fait, j'irai!... Adieu, adieu, vous autres !... Adieu, Edmée !... Il faut que j'y aille, je vous dis.
(Il ouvre vivement la porte en repoussant ceux qui veulent l'en empêcher.;