ACTE
LA PRI»XESSE.
Tu as bien approfondi celte science, Léonore; tu nie dis des choses qui n'atteignent guère que mon oreille, et ariiveut à peine jusqu'à mon âme.
LÉOîiORE.
Toi, disciple de Platon ! toi, ne pas concevoir ce qu'une novice se hasarde à béyayer devant toi? 11 faudrait qne je me trompasse beaucoup, et cependant je sais bien que je ne me trompe pas si complètement. L'Amonr, dans lécole épurée du pliilosophe grec, ne se montre pas, (omme ailleurs, sous les traits d'un enfant gâté; c'est l'adolescent qui fut l'époux de Psyché, celui qui a voix dans le conseil des dieux immortels. 11 ne passe pas, dans sa fougue coiq^abl', d'un cœur à un autre qu'il doit trahir encore. Une douce erreur ne l'attache pas d'abord à la beauté, à la ligure fragile, et il u'expie point par le dégoût et l'ennui les écarts d'une ivresse passagère.
LA PRINCESSE
Mon frère s'approche, ne lui laissons pas voir où nous a conduites celte fois encore notre entretien : nous aurions à supporter de nouveau les railleries que notre costume a déjà provoquées.