‹ Théatre de GoetheChapitre 153 sur 382 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LÉONORE, seule.

Que je plains ce cœur si noble, si beau ! Infortunée princesse, quel triste sort est le tien! Elle perd, hélas!... et loi, songes-tu donc à gagner? Est-il si nécessaire qu'il s'éloigne? ou ne le supposes-tu que pour jouir seule du talent et du cœur que lu as jusqu'ici partagés avec une autre... et partagés inégalement? N'es-tu pas assez riche? Que te manque-t-il donc? Époux, fils, fortune, et le rang, et la beauté, tu as tout cela, et tu veux y joindre encore le Tasse. L'aimes-tu? Pourquoi, si tu ne l'aimes, ne pouvoir plus te passer de lui? Tu oses le l'avouer. Mais aussi quel charme de voir son image réfléchie dans ce brillant génie ! Le bonheur n'est-il pas doublement grand, doublement glorieux quand ces chants sublimes nous élèvent avec eux et nous ravissent jusqu'au ciel ! Ta destinée devient alors digne d'envie! tu es, tu possèdes non-seulement ce que tant d'autres désirent, mais chacun sait encore chacun connaît an^si ce que tu possèdes'

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