‹ Théatre de GoetheChapitre 154 sur 382 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Ta pafrie répète ton nom, ses regards sont fixés sur loi, et c'est là le comble de toutes les félicités humaines. Le nom de Laure est-il donc le seul qui doive retentir sur les lèvres de tous ceux qui aiment, et Pétrarque aurait-il seul le droit de déifier sa beauté inconnue? Oii est l'homme qui ose se comparer à mon ami? De même que le monde entier Fiionore, la postérité l'honorera aussi : quoi de plus délicieux que de l'avoir à ses côtés tout éclatant de cette vie glorieuse, et de marcher ensemble à pas léger? vers cet immortel avenir ! Le temps alors, l'âge ne peuvent plus rien sur toi; rien non plus, la renommée hardie qui pousse çà et là la vague inconstante du succès. Ses chants préservent de mort ce qui doit périr. Tu seras encore belle, encore heureuse, quand déjà le cercle des choses t'aura entraînée dans sa révolution éternelle. Oui, le Tasse doit être à moi; ce n'est rien ravir à la princesse : son penchant pour ce grand homme ne diffère point de ses autres passions. Elles brillent comme le paisible éclat de la lune, dont la hieur avare s'épanche à peine sur le sentier du voyageur : elles brillent, elles n'échaulfent point, et ne répandent autour d'elles ni le plaisir m les joies de la vie. Comme elle jouissait de sa "vue, lorsqu'elle le voyait chaque jour, elle se réjouira de le savoir loin d'elle, s'il est heureux. Je ne prétends pas d'ailleurs me bannir avec lui de la cour ; j'y reviendrai et je l'y ramènerai à ma suite. Fuisse-t-il en être ainsi! Je vois venir un ami moins traitable. Tâchons de l'apaiser.

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