‹ Théatre de GoetheChapitre 326 sur 382 · SCÈNE I LE ROI, LE DDC · texte numérisé non relu

SCÈNE I LE ROI, LE DDC

LE ROI

\jB. but fugitif qui attire après lui les chiens, les chevaux et les hommes, avides de ses traces, le noble cerf nous a menés si loin à travers les montagnes et les vallées , que moimême, ici, je ne me retrouve plus, malgré la connaissance que j'ai du pays. Où sommes-nous, mon oncle? Duc, dismoi, vers quelles collines courions-nous?

LE DUC

0 mon roi ! le niisseau qui murmure autour de nous traverse la campagne de ton serviteur. Comme premier soutien du trône, il l'obtint de ta faveur et de celle de tes ancêtres. De l'autre côté de ce rocher, sur une pente verdoyante, se cache une agréable demeure; elle ne fut pas

48;-; i.A FILLE :nvti]:.elle

coiisLruile pour te loger; mais, si lu veux l'honorer de ta présence, elle est prête à te recevoir.

LE KOI.

Que la voûte seule de ces grauds arbres nous reçoive sous son oiid)re, au moment du repos. Laisse plutôt ce zéphyr nous envelopper dans ses réseaux légers et rafraîchissants; après 'agitation et la fatigue de la chasse, le besoin du repos se f.iil sentir.

LE DUC

Sous cet abri de la nature, ainsi que toi-même, ô mon roi, je me sens détaché de tout; ici, "du moins, n'arrive pas la voix des mécontents ; ici les hommes sans pudeur ne viennent pas tendre leur main, ouverte pour recevoir. Seul cl satislait, tu ne remarques nul ingrat s'éloignant de loi en silence; le monde bruyant ne nous atteint pas jusqu'ici, ce monde qui demande toujours et ne veut jamais rien accorder.

LE liOI.

Si je veux oublier ce qui nuit et jour me poursuit, qu'aucun" parole ne vienne donc me le rappeler et troubler ma jiaix: que l'écho des bruils du monde s'éteigne peu à peu à mon oreille. Oui, mon cher oncle, tourne ta conversation vers lies objets qui cadrent mieux avec ce lieu tranquille. Ici des L-poux doivent se promener ensemble, et voir avec joie leur bonheur dans leurs enlànts; c'est ici qu'im ami doit s'aiîprocher de son ami pour lui ouvrir son cœur; et toimèmo, ne m'as-lu pas fait entendre récemment le désir de profiter d'un instant de calme pour me dévoiler une parenté secrète, avec l'espoir d'avancer, par cette confidence, l'accomplissement d'un vœu qui t'est cher?

LE DUC

Aucune de tes faveurs ne pouvait me rendre plus heureux çie celle qui délie ma langue en ce moment. Ce que j'ai à fe diie ponrrait-il être mieux compris par un autre que par mon roi, qui, parmi les trésors qu'il possède , voit briller au premier rang ses enfants? Quel autre que lui-même pour-

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