ACTE ï. îiOfi
tion. A l'avenir, modère l'ardeur avec laquelle lu jouis de cet exercice chevaleresque.
EUGÉ^'IE.
Le danger cède à la violence et ne s'attaque qu'à la modératiou. Tâche de voir miinlenaut du même œil ([u'aiitrofois, liirMjiie avec une sereine audace tu m'initiais, jeune encore, aux secrets de Téquitation.
LE DDC.
Je me trompais alors , et une longue vie d'alarmes me punira. L'habitude du danger ne nous invite-t-elle pas à le chercher?
EUGÉNIE
Le bonheur et non la crainte dompte le danger. Adieu, mon père ; suis ton roi, et, poiu* Tamour de ta fille, sois son vassal dévoué, sou ami iidèle. Adieu.
LE DUC
Reste encore à cette place debout, vivante, comme lorsque tu es reveime à la vie, et que lu as rempli de joie mon cœur déchiré. Ce bonheur ne doit pas rester inutile; je veux lui consacrer ici même un monument éiernel. Un temple s'élèvera en ce lieu dédié à la guérison, comme à la chose qui rend le plus heureux. .\ l'eutour, ta main élèvera un féerique royaume. Un laliyrinthe d'allée< agréab es s'entrelacera dans le* bois touffu ; ce rocher farouche deviendra accessible, ce ruisseau coulera semblable à un unroir iranqiiille, et le voyagenr étonné se croira dans un parailis. ,\ul trait ne tombera ici tant que je vivrai; nul oiseau n.' sera chassé de sa branche, nulle bête sauvage ne sera eHia\ée ni blessée dans sa tanière. Lor-que mes yeux me refuseront leur secours et que mes pieds seront sans vigueur, je vien ii:!i cucore ici appuyé sui loi; le seuliuient delà recounais-aiice in'aniraera loujoursé^alement. Mais, adieu!... Quoi! tu pfi.rcs?
EUGÉNIE
Quand mou père a pu craindre avec annoi-se ip perdre sa fille, aucune inquii'tude ne doit-elle ujiîiie eu moi à l'iilée de... comment le penser et le dire?... de 1 ienlre?Les pèrcs privés de leurs eiifints sont bien à pi. nu ir . mais les
50r, l,A FILLE ^ATURELLK.
eiii;inl^ })iivés île Ipuis pères le sont plus encore. Et moi, la plus inalheiireuse de tons, je resterais seule dans ce monde iaiiiieii^e, qui m'est étranger; je serais séparée de lui, de muii unique guide !
LE DUC
Je te rends les consolations que tu m'as données. Potrrsuivons noire chemin gaiement comme autrefois La vie est le L'âge de la vie et se détend elle-même. Séparons-nous promptement; une rencontre heureuse nous dédommagera Je cette sépar.ition, qui nous a trouvés trop faibles.
Ils se quittent brusquement; de loin ils se disent encore un dernier adieu en éte'idant les bras, et disparaissent.