‹ Théatre de GoetheChapitre 35 sur 382 · IPHIGÉNIE E> TAURIDE · texte numérisé non relu

IPHIGÉNIE E> TAURIDE

PÏLADE .

Ne crains rien! La crainte s'unit au danger dans une perfide alliance. Tons deux sont compagnons.

IPIIIGÉME.

C'est mie inquiétude noble, celle qui m'avertit de ne pas tromper, de ne pas dépouiller le roi qui est devenu mon second père.

PYLADE

Tu échappes à celui qui veut immoler ton frère.

IPHIGÉME.

C'est le même qui m'a fait du bien.

PYLADE

Ce qu'exige la nécessité n'est point une ingratitude.

IPHIGÉNIE

C'est toujours une ingratitude; seulement la nécessité l'excuse.

PYLADE

Elle t'excusera certainement aux yeux des dieux et des hommes.

irniGÉ-ME.

Mais mon propre cœur n'est pas satisfait.

PYLADE

Trop de scrupiile est de l'orgueil caché.

IPHIGÉiME.

Je n'examine pas; je sens.

PYLVDE.

Si tu te sens bien, tu ne peux manquer de t'estimer.

IPHIGÉNIE

Oui, mais le cœur n'est content de lui que quand il est sans tache,

PYLADE

Sans doute, c'est ainsi que tu t'es conservée dans le temple; mais la vie nous apprend à être moins sévères envers nous-mêmes et envers les autres; tu l'apprendras aussi toimême. L'homme est si singulièrement formé, son âme a tant de plis et de replis, que nul no peut rester pur et exempt de reproches envers soi-même et envers autrui. Aussi ne sommes-

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