‹ Théatre de GoetheChapitre 64 sur 382 · L.\ ÏIÈRE · texte numérisé non relu

L.\ ÏIÈRE

Qu'y a-t-il dans la rue, Brackenbourg? j'entends passer quelqne chose.

BRACKENBOUnO.

C'est la garde de la gouvernante.

CLAIRE

A cette heure? qu'est-ce que cela veut dire? (Elle se lève et

court se mettre à la fenêtre à côté de Brackenbourg.) Ce n Cbt paS la

garde du jour; celle-ci est plus nombieuse; c'est presque toute la troupe 0 Brackenbourg, allez savoir ce que c'est ! il doit y avoir quelque clio-e de pailiculier. Allez donc, cher Brackenbourg, laites-moi ce plaisir !

BRACRENBOURG.

Je vais et je reviens immédiatement.

Au moment «le sortir, il lui tend la main; elle lui donne la sienne. LA MÈRE.

Tu le renvoies déjà?

CLAIRE

Je suis curieuse; et puis, ne m'en faites pas un reproche, sa présence me met mal à l'aise; je ne sais jamais quel Ion prendre avec lui. J'ai des torts envers lui, et mon cœur est navré de voir qu'il le sent aussi vivement... Je ne puis pourtant rien y changer.

LA HÈRE

C'est un brave et fidèle garçon.

CLAIRE

Aussi, je ne puis m'cmpècher de le traiter amicalement. Bien des fois, ma main se serre involontairement lorsqu'il la prend si tendrement, si délicatement. Alors je me reproche de le tromper, de nourrir dans son cœur une vaine espérance ; j'en suis malade. Dieu m'est témoin que je ne le trompe pas; je fais tout pour lui ôler l'espérance, et cependant je ne puis pas non plus l'abandonner au dé^e^poir.

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