‹ Théâtre de Jean Racine, pubChapitre 10 sur 225 · LE THEATRE DE RACINE · texte numérisé non relu

LE THEATRE DE RACINE

Vauvenargues le partait en effet beaucoup plus vers le genre de beautés de Kacine, et la supériorité qu'il lui reconnaît, qu'il met en lumière avec persistance, c'est celle de la vérité, de la mesure, de la simplicité; l'absence d'enflure, d'affectation et d'ostentation; le talent de peindre ses personnages par ce qu'ils disent, et menie par ce qu'ils taisent; la beauté constante de l'expression , l'art ou plutôt le génie de classer chaque détail à son plan, de caractériser les hommes^ leurs passions, leurs mœurs; d'écarter tout ce qui est obscur ou superflu, Temphase et les faux brillants, et de rendre la nature avec feu, avec sublimité et avec grâce. « Serait-il trop hardi de dire que c'est le plus beau génie que la France ait eu et le plus éloquent de ses poètes? »

Nous ne jugeons pas nécessaire de nous arrêter à ce qu'ont écrit de Racine l'abbé Batteux, Marmontel et Palissot. La Harpe a été le véritable organe de la critique classique et l'égard du poète, et tout le monde sait quelle admiration il professe pour lui dans son Éloge de Racine et dans son Lycée. Somme toute, on peut dire que l'opinion de La Harpe est, avec des nuances, celle de tout le XVIil^ siècle, en dehors de quelques excentriques ou de quelques déclassés. Les exceptions ne font que confirmer la règle ^. a Oii trouver un détracteur de Racine? « s'écrie Chamfort dans ses notes sur Esther.

I. Faut-il citer parmi ces exceptions Buffon, dont La Harpe et M"*" Necker nous ont fait connaître sommairement les étranges et étroites critiques, particulièrement sur des vers de Phèdre et dWthalie? Buffon n'en voulait point à Racine plus qu'à tout autre poète : il en voulait à la poésie,,

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