XXIV LE THEATRE DE RACINE
tous les mouvements que vous exigez : elle en éprouvebien quelques-uns, mais toujours tempérés par la douceur, le respect, la soumission, Vobéissance. Le caractère d'Iphigénie était facile à peindre... Mais celui d'Aganiemnon, dont vous ne me dites rien, comment n^y avez-vous pas pensé? Un père imniole sa file par ambition, et il ne faut pas qu'il soit odieux! Quel problème à résoudre! Voyez tout ce que le poète a fait pour cela. » Et Diderot démontre avec sagacité l'art déployé par Racine pour expliquer la conduite de ce père et la rendre supportable. Un des témoignages les plus mémorables rendus à notre poète dans le cours du XVIII^ siècle est celui de Vauvenargues. Il y est revenu ci plusieurs reprises. Dans ses Réflexions critiques sur quelques POÈTES, après un bref parallèle entre Molière et Kacine, il se livre ci une comparaison, très longue et très étudiée, de Kacine et de Corneille, où. celui-ci, sur presque tous les points, est immolé à l'auteur rf'ANDROMAQUE et dc Phèdre. On peut dire que l'admiration de Vauvenargues pour Kacine, malgré les quelques réserves qu'il glisse vers la fin, est tellement profonde quelle le rend trop peu sensible aux admirables beautés de Corneille ; il tente pourtcmt de les reconnaître et de les indiquer, mais plutôt par effort de justice que par conviction. Il avoue d'ailleurs, au début de ce niorceau, qu'il est redevable à Voltaire de l'indication des plus beaux passages dc Corneille, et il ajoute, avec une sorte d'ingénuité, qu'il ne s'y était pas arrêté autrefois, « refroidi ou prévenu par ses défauts, et lié, selon toute apparence, moins sensible cm caractère de ses perfections ». Le goût de