SCÈNE IV
HERMANN, MOELLXITZ.
HERMANN
^'oici, monsieur le grand chancelier, la proclamation par laquelle le roi annonce au peuple qu'il m"a remis ses pouvoirs. Voici celle par laquelle je fais connaître au peuple mes intentions. — Un apaisement s'est produit dès qu'on a su que le roi avait dessein de me déléguer son autorité. Le peuple attend. Par toute ma conduite passée et par tout ce que j'ai laissé deviner de mes sentiments, j"ai pris envers lui une sorte d'engagement tacite; je veux le tenir. Cette idée s'est répandue parmi les travailleurs et la petite bourgeoisie, que la solution des questions sociales dépendait d'une réforme préalable des institutions politiques. Cette vue n'est point fausse. Je vais présenter, dès demain, par votre intermédiaire, à l'Assemblée des Seigneurs deux projets de lois connexes : un projet de loi électorale et un projet de loi instituant deux Chambres, l'une héréditaire, l'autre nommée par un large suffrage à deux degrés, bref, un minimum de régime parlementaire. Voici ces deux projets.
MOELLNITZ
Monseigneur, j'ai l'honneur d'offrir à Votre Altesse royale ma démission et celle de mes collègues.