‹ Théâtre de Jules Lemaitre (volume 3)Chapitre 123 sur 225 · C H A MUR A V · texte numérisé non relu

C H A MUR A V

A l'origine, c'est possible. Mais cela montre justement qu'elle le tient par quelque chose de secret et qu'il vaut mieux ne pas approfondir.

JEANNE

Quoi, parrain?

CHAMBRAV.

Hum! c'est un peu délicat... Tu es, toi, trop pure, trop innocente, ma chérie. Cette coquine lui olTrait sans doute... ce que tu ne pouvais pas lui donner... Elle savait, elle, vaincre ses distractions. Elle a de l'expérience, elle, une longue expérience, acquise dans des collaborations variées... Elle sait ce qui plaît, ce qui mord, ce qui tient... Comprends-tu?

JEANNE

Un peu... Ainsi, par exemple, elle sait s'habiller.

CHAMBRAV.

Oui, elle sait... s'habiller aussi.

JEANNE, comprenant un moment après.

Oh!... Mais, parrain, où, comment se voyaient-ils?

CHAMBRAV.

Ils ont dû suivre la coutume... Garçonnière de rez-dechaussée dans les quartiers neufs; petite porte en avant de la loge du concierge ; des meubles de cocotte... — car je pense qu'il n'y fourrait pas les meubles de Montaille; c'eût été manquer de tact... Beaucoup de fleurs — et du porto — les jours où elle venait... Ou bien qui sait? tout bonnement l'hùtel garni... El puis, il y a les fiacres.

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