‹ Théâtre de Jules Lemaitre (volume 3)Chapitre 201 sur 225 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

De n'avoir pas, vengeant les maux que tu leur causes,

Éteint déjà tes yeux sous tes paupières closes

Et d'un manteau de pierre habillé ton cher corps!

HÉLÈNE

Paris s'est mal conduit, j'en demeure d'accord ; Mais vous ne deviez pas, mon ami, moi présente, Lui faire une harangue à ce point déplaisante.

PARIS

Laisse, Hélène.

A Hector.

Ton cœur ignore la pitié.

Vaillant Hector, mon frère; et ta rude amitié Au soin de mon honneur si fortement s'attache Que tes discours sont tels que de grands coups de hache. Ne me reproche point ma beauté ni ma voix. Car aux présents des dieux nous n'avons pas le choix i De les prendre ou de les laisser on n'est pas maître, i^as plus que de mourir et pas plus que de naître... Écoute : va trouver les Grecs; et, convoquant Dans la plaine les chefs de l'un et l'autre camp, Au signal du clairon, par-devant ces assises. Tous les deux, Ménélas et moi, mets-nous aux prises. Par la lance et le glaive et sous le bouclier Nous nous mesurerons en combat singulier. Le vainqueur en partage aura la belle Hélène; Nous conclurons la paix avec le peuple hellène: Et nous garderons Troie, et nos anciens rivaux Regagneront Argos abondante en chevaux Et les champs achéens féconds en belles femmes.

HECTOR

Je t'approuve, cadet, et ce que tu réclames Sera fait.

HÉLÈNE, à Paris.

Quoi! tu veux...

PARIS

Ma chère ame, il le faut.

HÉLÈNE

Pars donc, et que Vénus te ramène bientôt!

Je suis sage, tu vois; j'ai passé mes années,

Ici, dans Sparte, à me soumettre aux destinées...

Mais ce duel diin amant avec un mari... Bref,

J'eusse aimé mieux te voir combattre un autre chef.

C'est impossible?... Hélas, que je vais être en peine!

HECTOR

Viens, mon frère. Pour la patrie!

PARIS

Et pour Hélène

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