‹ Théâtre de Jules Lemaitre (volume 3)Chapitre 68 sur 225 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

faut me délier de ma promesse? Quelqu'un qui nous verrait ne nous prendrait-il pas pour des amants?... Pourquoi nous cachons-nous? Ne serais-tu pas déjà perdue aux yeux des pharisiens par tout ce que tu as fait pour moi? Frida, au nom de ma tristesse, ne me repousse pas aujourd'hui.

FRIDA

Hermann, tout mon cœur vous appartient, mais ne me demandez pas cela, si vous m'aimez !

HERMANN

Je t'aime et je te veux. N'es-tu pas ma vraie femme? Doules-tu de moi?... Te faut-il des serments?

FRlDA.

Non, Hermann... mais comment dire?... Il me semble qu'après cela, je me trouverais liée à vous par autre chose que par ma volonté et qu'ainsi je serais moins à vous, puisque je serais à vous moins librement... Et puis, vous venez de le dire, nous nous cachons comme des coupables; pour venir ici, je trompe mon grandoncle qui me croit chez une amie, que je force, elle aussi, à mentir. Nous vivons dans le mensonge, c'est bien assez. Je ne veux pas, du moins, vivre dans la trahison.

HERMANN

Hélas ! Frida, vous ne m'aimez pas.

FRIDA

Je vous aime, Hermann, mais je ne puis être la rivale honteuse de la princesse de Marbourg.

HERMANN

Non! vous ne m'aimez pas... Et cela quand je n'ai plus que vous, quand je me suis détaché de tout le reste; quand, à cause de vous, j'ai répudié toutes les

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