ACTE TROISIEME
LA MARQUISE
Pourquoi?
Parce que vous êtes une terrible inanieuse d'hommes.
LA MARQUISE
Moi !
DESLIGNIÈRES.
I)"autant plus terrible qu'il vous arrive quelquefois de les dompter, de les mater, de les asservir par amour de l'art, et même quand votre intérêt n'y est plus.
LA MARQUISE
Qu'entendez-vous par là?
DESLIGNIÈRES.
Rien; mais les sages vous diront, marquise, qu'il ne faut jamais abuser de son pouvoir, ni pousser personne à bout, et qu'un certain excès d'habileté peut devenir maladresse...
LA MARQUISE, ironique.
Très neuf. Vous êtes un grand moraliste.
DESLIGNIÈRES.
Oh ! non, mais je voudrais être un bon gendre.
LA MARQUISE
Je ne sais pas ce que vous voulez dire.
Elle quitte Deslignicres et retourne s'asseoir à la grande table, à gauclie. DESLIGNIÈRES.
Monsieur Leveau?
LE VEAU
Quoi?
DESLIGNIÈRES.
Voulez-vous m'accorder ce que vous ne refuseriez pas au premier venu?
LEVEAU, se levant.
Voyons?
DESLIGNIÈRES.
Donnez-moi cinq minutes d'audience. J'ai quelque chose à vous dire.
LEVEAU
Soit; mais faites vite.
Deslignières remmène à droite de la scène, pendant que le marquis et la marquise sont occupés à pointer et à écrire.
Vous ne me demandez pas comment elles vont?
LEVEAU
Qui?
DESLIGNIÈRES.
Votre femme et votre fille.
LEVEAU
Laissons ma femme. Quant à ma fille, je n'en suis pas en peine. Comme ce sot mariage fait sa joie, je suis bien sûr qu'elle va le mieux du monde.
DESLIGNIÈRES.
En effet. Je les ai vues hier à la campagne où elles se sont retirées. Mademoiselle Marguerite m'a prié de vous dire qu'elle espère toujours que vous ne laisserez point prononcer ce divorce.
LEVEAU
Oh! cela... Passons à autre chose, si vous voulez.
DESLIGNIÈRES.
Pour moi, je vous remercie d'avoir, de voire propre