SCENE IV
Les Mêmes, SIMONE, MARTHE, MADAME ALBERT.
MARTHE. En entrant en scène, elle soutient Simone et alTecte une grande gaieté. A Simone.
Nous arrivons, va! Yeux-tu que je te porte"? Oh! je pourrais très bien te porter, je suis forte... Veux-tu que j'essaye?
MADAME AUBERT
Marthe, tu fatigues ta sœur avec ton bruit.
On installe Simone dans un fauteuil d'osier, à gauche. Marthe et madame .\ubcrt s'assoient à droite. Jacques et le docteur restent dcboyt.
LE DOCTEI'R, à Simone.
Ça va mieux.'
SIMONE, d'une voix très faible.
Oui.
MADAME AUDERT, à .lacinos qui fait mine de se retirer.
^'ous nous quittez, monsieur?
MARTHE, coquette.
Oh ! notre compagnie naniusc pas beaucoup monsieur de Tièvre.
Je vous ferai pourtant remarquer, mademoiselle, que je n'en cherche pas d'autre.
MARTHE
Mais vous nous préférez encore la solitude. Il faut que vous en ayez la passion pour être venu ici sans y être forcé.
JACQUES
Ce n'est pas l'asile que vous choisiriez?
MARTHE
Oh! non, par exemple!
JACQUES
Pourquoi"?
MARTHE
Parce que j'aime la vie.
JACQUES
C'est de votre âge.
MARTHE
Oh! je ne suis pas si jeune que vous croj-ez... J'ai vingt-trois ans.
JACQUES, à part.
Qui est-ce qui le lui demande:'
LE DOCTEUR, continuant une conversation commencée avec madame Aubert.
Je vous le répète, madame, il faudrait du mouvement et de la distraction à cette grande jeune fille-là... (Il désigne Marthe.), de longues promenades... des parties de tennis...
MADAME AUBERT
Mais, docteur, elle sort de temps en temps avec sa vieille bonne Félicie... Malheureusement, cela n'est pas possible tous les jours, car il y a beaucoup de besogne à la maison...
MARTHE, pour être entendue de Jacques.
Et Simone, docteur? Qui est-ce qui s'occuperait d'elle? Maman ne peut pas suffire, vous comprenez...