ACTE DEUXIÈME. 2ol
r>Miiorque dans toutes les stations dhiver, astreinte, en dépit de mes vingt ans et de mon sang rouge, à l'existence recluse d'une malade? Apparemment ma santé devait me consoler de tout. Mais, je la maudis ma santé; car, sous prétexte que j'étais bien i)ortante, tout m"a été refusé ou retiré à moi! et j'envie sa fai- I)lesse, et je la redoute, car sa faiblesse m'a pris ma place au soleil... Oui, ma place au soleil, je dis bien : quand il n'y avait qu'un rayon, c'était pour elle; dès ma petite enfance, j'ai été dressée à tout lui céder, les jouets, les gâteaux et la meilleure place partout; et les petits plaisirs dont j'aurais pu jouir, moi, mais que sa faiblesse lui interdisait, je n'avais pas le droit d'en jouir sans elle, et je devais aussi lui en faire le sacrifice!... Elle m'a tout pris, vous dis-je, parce que j'avais le malheur d'être bien portante... Eh bien, cela n'eût rien été encore. Je pensais : — Bah! je n'ai qu'à attendre. Tout cela aura une fin...