ACTE TROISIEME. 2V
SIMONE, somiant.
Mieux, Marlho. encore mieux.
MARTHE, d'une voix altérée.
Bref, tu es heureuse?
SIMONE
Je suis heureuse.
MARTHE
Et tu vas mieux?
SIMONE
Je crois que oui.
MARTHE, sainirochant très près de Simone.
C'est ma foi vrai... tu es transfigurée ce soir... un air de béatitude ! une animation ! i)resque des couleurs.
SIMONE, mystérieusement.
II y a de quoi 1
MARTHE
Ou'est-ce donc ?
SIMONE
Cela ne se voit donc pas?
MARTHE
Mais quoi?
SIMONE
Ah! Martlie! si tu savais!... Mais tu ne peux pas comprendre, car enfin toi, Marthe, tu es une jeune fille.
MARTHE
Ton aînée de cinq ans, Simone.
SIMONE
Eh bien, figure-toi que, tout à Theure... Mais ce n'est pas commode à expliquer, ces choses-là...
MARTHE
Mais va donc
Jusqu'ici, il m'aimait bien et il me le témoignait, mais comme on témoigne son affection à une sceur, à une fille... Je croyais, moi, que c'était cela l'amour.
MARTHE, les dents serrées.
Et maintenant?
SIMONE
^Maintenant, je suis sa femme! sa femme pour de vrai!... J'en suis sûre... Tu entends?...
J'ai bien entendu.
SIMONE
Et voici le plus extraordinaire... J'étais retombée dans mes idées noires, je croyais que je m'en allais... Or, depuis que... enfin, depuis tout à l'heure... je ne suis plus la même, et je sens cette fois, je sens, comme jamais je ne l'ai senti, que je vais vivre, que je vais vivre !
MARTHE
Vraiment?
SIMONE
Vivre! Être avec lui... longtemps, toujours.
MARTHE, à elle-même.
Longtemps? Toujours?... (a Simone.) Il ne te parle jamais de moi?
SIMONE
Non (Se reprenant.). C'est-à-dire... quelquefois... 11 a dit l'autre jour que tu étais très belle.