ACTE PREMIER
MADAME DE MERIZE.
Oh! la politique et moi...
MAUBRUN.
C'est tout l'etTet que ça vous produit? Je croyais que la baronne de Merize était une personne bien pensante.
MADAME DE MERIZE.
Oh ! moi, depuis qu'on a fermé la chapelle des Pères...
LA MARQUISE
I1& ont emporté votre religion avec eux?
MADAME DE MERIZE.
Non. mais ra ne m"amuse plus.
ROSIMOND, sulcnnel.
La question est grave pourtant... excessivement grave.
MADAME ROSIMOND.
Surtout quand on a des enfants...
ROSIMOND.
Sans la religion, voyez-vous...
MADAME DE MERIZE, à Maubrun, à mi-voix.
Oui sont donc ces gens si sérieux?
M ai; BRUN.
Vous ne reconnaissez pas? (Présentant.) Monsieur et madame Rosimond, sociétaires...
MADAME ROSIMOND, interrompant.
Z"à part entière...
De la Comédie-Française.
Je conçois que les gens qui ne tiennent à rien, qui n'ont pas de position, et qui, par suite, n'ont rien à ménager... Mais quand on occupe comme nous une situation officielle...
MAD.\ME ROSIMOND.
Et puis, nous avons trois enfants, deux garçons et une fille. L'aîné prépare Normale et le cadet Polytechnique. La troisième... cette grande fille-là (Elle désigne Emma qui rougit.) Suit les cours du Conservatoire. Elle est extrêmement sérieuse...
MAUBRUN, interrompant.
Et qu'est-ce que vous allez nous dire tout à Theure, monsieur Rosimond?
ROSIMOND.
Nous avions songé, madame Rosimond et moi, à la grande scène du Misanthrope...
MADAME ROSIMOND.
La troisième du quatre.
MAUBRUN.
N'est-ce pas un peu... sévère? Vous n'auriez pas à la place quelque petite drôlerie... un monologue?
ROSIMOND.
Nous ne pouvons pas, cher monsieur. Dans notre position, vraiment nous ne pouvons pas.
MAUBRUN, résigne.
C'est bon; qu'est-ce que vous voulez"? si vous ne pouvez pas...