‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forainsChapitre 112 sur 331 · ARLEQUIN, BARBARIN · texte numérisé non relu

ARLEQUIN, BARBARIN

Air : Voulez-vous savoir qui des deux ? Eh! bonjour, mon cher Barbarin!

BARBARIN, d’un air triste.

Bonjour.

ART. EQUIN.

Vous paroissez chagrin.

D’où procède votre tristesse?

barbarin.

Hélas! j’ai lieu d’être affligé.

ARLEQUIN

Qu’avez-vous donc ? Votre maîtresse Auroit-elle déménagé?

BARBARIN

Air : Talalerire.

Vraiment, vous avez bonne grâce

De railler dans ce tems fatal.

Ignorez-vous ce qui se passe?

ARLEQUIN

Je m’en ris.

BARBARIN

Mais au tribunal,

Sur vos faits qu’aurez-vous à dire?

ARLEQUIN

Talaleri, talaleri, talalerire.

ARLEQUIN TRAITANT

BARBARIN

Fort bien. Et vous croyez qu’on se payera de cette monnoie-là ?

ARLEQUIN

Je ne crains rien, allez. J’ai un bon défenseur.

Am : Du cap de Bonne-Espérance .

Ami, je suis créature

I)’un diable des plus méchans,

A qui, par ma signature,

Je me donne dans trente ans.

Si l’on me faisoit outrage,

Vous verriez un beau tapage.

BARBARIN , à part.

Ciel! est-il devenu fou?

(Haut.)

Mais il vous tordra le cou.

ARLEQUIN

Oh! alors, comme alors!... Il y a aujourd’hui trois ans que j’ai fait pacte avec lui. J’en ai encore vingt-sept à mener bonne vie.

BARBARIN

Je ne suis plus surpris à présent si vous avez fait tant de chemin en si peu de tems.

ARLEQUIN

Am : Amis, sans regretter Paris.

Ma foi, je n’ai jamais connu D’homme plus véritable.

Belpliégor m’a toujours tenu Parole en brave diable.

BARBARIN

Parlons d’autre chose.

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