SCÈNE m
LES MÉMEb, CHARRIER
CHARRIER
(Se parlant à lui-même) Ah ! c'est abominable i. .Disparaître comme ^... en pleine jeunesse, c'est un crime... un vTa.\ crime de la nature!...
JEAN
(Allant à lui et s'efforçant de le consoler) Mon pauvre ami, je vous en prie, ne vous laissez pas aller ainsi... ayez du courage.
VARIA
(S'avançant aussi) Mon pauvre monsieur...
CHARRIER
Sappuyant ï la porte de la chambre vers laquelle il est revenu, et regardant le lit qu'on devine mais qu'on ne voit pas) Regardez... regardez-la... Si on n'avait pas
Tiis ces fleurs...
JEAN
(Près de lui, le soutenant) Elle les aimait tant.
§4 L Horrible Expérience
CHARRIER (Continuant) ... et ces cierges, elle aurait l'air de dormir. (H se retourne vers Jean et laisse tomber sa tête suil l'épaule de celui-ci. il sanglote longuement. — Un temps. Le glas continue toujours au lointain)
MARIA
(Très doucement) Monsieur, laissez-moi aller près d'elle.
Non, je la veillerai seul, tout seul.
MARIA
(Les mains jointes, le suppliant) Oh ! monsieur, pour cette nuir... je ne vous gênerai pas, je resterai dans un coin ; maïs pensez, monsieur, je l'avais élevée... vous ne savez pas combien je- l'aimais. . .
(Elle pleure)
CHARRIER
(Farouche) Non, ma fille est à moi, rien qu'à moi.
MARIA (Insistant)
je vous en supplie.
CHARRIER (Presque avec violence)
Non, non...
(A Jean)
Dites-lui qu'elle s'en aille.
L'Horrible Expérience 85
JEAN
Retirez-vous, ma bonne fille; vous lui faites du mal, retirez-vous.
(11 la pou^sse doucement dehors et la raccompagne jusqu'à la porte de droite)
MARIA
(En s'éloignant) Mon Dieu!... Mon Dieu!...
(Elle sort en pleurant)