‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français] (volume 2)Chapitre 115 sur 183 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

A Mcmphii. — Dans le P«lai».

Enlrcnl JOSEPH et PUTIPHAR

JOSEPH

Les Hébreux de la terre de Canaan sont, dites-vous, arrivés?

PUTIPHAR

Ils désirent ardemment qu'il leur soit permis de baiser vos pisdf.

JOSEPH

Leur plus jeune frère vient-il avec eux ?

PUTIPHAR

Oui, mou seigneur; et bien que plusieurs d'entre eux soient de

Qu» diitt ? — Ou« no me abracuf Que voluntad con dot médiat Al^un ntcio $* la taUt.

beaux jeunes hommes, aucun ne peut être comparé à Benjamine

JOSEPH

Knfin il est ici !

PUTIPIIAR.

Cela paraît vous faire plaisir.

JOSEPH

Vous en saurez bientôt la cause.

PUTIPIIAR.

Ignorant le motif pour lequel vous vouliez les voir, ils ont pensé •que c'était pour l'argent qu'ils avaient trouvé en leurs sacs, et Us ont voulu me le rendre. J'ai répondu que je ne pouvais pas le reprendre, et que vous les invitiez à manger à votre table : de quoi ils sont tout émerveillés.

JOSEPH

Qu'on les fasse venir!

PUTIPUAR.

Voilà qu'ils arrivent!

JOSEPH, à part.

Que peux-tu encore, Joseph, demander au ciel, qui a exaucé tous tes vœux?... Je vais, pour la circonstance, monter sur le trône de Pharaon, mais sans orgueil, et seulement pour accomplir la voionté de Dieu; car mon humilité s'abaisse à mesure que sa main m'élève.

Il s'assied sur le trône Entrent tous les Frères de Joseph.

issacar, à genoux.

Généreux gouverneur de ce pays , les dix Hébreux de la vallée ■de Mambré, que tu vois humblement agenouillés au pied de ton trône, sont venus vers toi afin que tu reconnaisses qu'on t'a parlé avec vérité.— 0 monseigneur ! que n'as-tu été témoin de la douleut avec laquelle notre père nous a confié son dernier fils!... Mainte^ nant que tu sais la vérité, nous te prions, en retour de cet enfant que nous t'avons promis, nous te prions de nous rendre notre bienaimé frère qui est dans tes prisons.

JOSEPH, à part.

O mon coeur! auras-tu assez de force pour résister à de si vives émotions?... 0 mes yeux! vous pouvez pleurer; car ces sentiments d'amour, au lieu d'affaiblir l'âme de l'homme, la fortifient et la réjouissent. D'ailleurs cet enfant est si beau, que sa présence charme le» yeux et le cœur. Si llachel, ma mère, lui ressemblait, je ne m'étonne plus que mon père l'ait achetée par quatorze anf d'esclavage. — Descendons du trône.

' L'espagnol ajoute : « Car, dit-on, il se nomme ainsi parce qu'ils ne sont que l'ombre à " «on soleil. »

188 LKS TUAVAUX DK .lACOTî.

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