LA NINA DE PLATA >.) NOTICE
Une jeune fille d'uno rare beauté et d'un esprit channant, qui résiste aui séductions d'un prince jeune, aimable et généreui, et finit par épouser le ca* valicr qu'elle lui préfère, tel est le sujet de la Nina de plata. Cette donnée, qui pouvait ôtre assez nouvelle au théâtre dans les premières années du dixsepti»"'nie sic'cle, a été depuis traitée bien souvent. Toutefois, comujc 1»'S grands artistes ont le privilège de doter d'une éternelle jeunesse les productions de leur génie, ou trouvera dans la pièce de Lope une fraîcheur de coloris ([u'on chercherait en vain dans des productions beaucoup plus récentes.
La composition de celte pièce nous semble fort bien conçue. Nous en aimens surtout les deux premières journées, quoique la péripétie de la troisième nous paraisse fort heureuse. On remarquera sûrement dans la première, la scène de l'entrée des princes à Séville, et celle de h visite du roi et des infants à Dorothée. Dans la seconde il y a deux situations charmantes • celle où don Juan, croyant recevoir les gages d'amour qu'il avait donnés à Dorothée, trouve à sa grande surprise cl à sa grande joie dans le coffret les présents qu'elle a reçus du roi et des infants ; et celle où il rend le coffret la nuit, par la fenêtre, à Dorothée, en croyant le donner à Marcèle. I^ prédiclioa du Maure, bien qu'un peu ëpisodique, est d'un elTet saisissant.
Dorothée, la Belle aux yeux d'or, me scn.ble p<inie avec une exquise finesse. (Juoifjue fort sage, elle a de la coquetterie. Kntourée d'admiration, elle trouve une sorte de plaisir à provoquer les honunages pour s'en jouer. Don Juan, son amant, a une distinction d'esprit et de sentiments qui le recontmandent au choix d'une jeune fille d'un si haut mérite. — Chacon, avec sa poltronnerie fanfaronne, est fort bien imaginé. — Mais un personnage sur lequel jappillcroi l'allenlion du lecteur, c't-st le roi don l'èdre. Ce roi don Pèdre est celui que les K<p.ignols ont surnommé le Justicier (el Justiciero), et que n^^s historiens français ont surnommé le Cvud. Loj>c le représente à une époque antérieure aux dissensions qui armèrent les ilcux frères l'un contre l'autre; mais on \oil dans ce prince les insli'i<ts qui lui ont mén'të un surnom sévère. Il serait curieux de comparer le don IVnlre de Ix)pc, tel qu'il l'a pi-int dans /a Mna de plat.i. rt dnris cinq ou six autres de ses comé«lie« ' a\ec lu d^n Tèdre de Caldrr ' ti l*6>lre de Lopc nous parait plus
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* Il entre dans iioiie pian de iradk.re enrore piniienrs des oomédict do Lope où Hgnrr k roi iloii Pcdrc. iioiamincnl U certain pour It douteux ^Lo eierio par lo dudoto).
• Vo\ci le Médecin de ton honneur, cl la jmccc iniiinl.'.' I^s troti jutitcu en une {iMt tru juittctns en wiai. Non» nou» |>roco*oni Je pul lier Ij irudticiion de vcllc-ci dan* i|Bciqu uur (Je nos {Tocbaioci littauons.
conforme aux chroniques du quatorzième siècle et plus théîtral; celui de Calderon serait, selon nous, plus idéal et plus tragique.
Les mœurs de la Nina de plata sont en général celles de la première moitié du dix-septième siècle en Espagne. Cependant il y a des passages où l'on retrouve le quinzième siècle peint sous les couleurs les plus vives.
La Nina de plata a déjà été traduite sous ce titre, la Perle de Séville, dans la collection des Chefs-d'œuvre des théâtres étrangers ; mais nous ne saurions donner à ce travail les éloges que nous donnons si volontiers aux autres traductions de pièces espagnoles que l'on a insérées dans cette précieuse collection. Soit que le traducteur ait pris spontanément ces libertés, soit qu'il ait traduit sur quelque méchant livret de ce Trigueros qui eut l'audace, au dixbuitième siècle, de remanier plusieurs des meilleures comédies de Lope, toujours est-il que des personnages importants ont disparu, que des scènes essentielles ont été supprimées, et qu'en définitive la pièce se trouve horriblement défigurée. Cela nous permettrait de dire que cette pièce, amsi que toutes celles qui composent ce volume, à l'exception de Fonlovéjune. est traduite «uiourd'hui pour la première fois.
Ualeli.
pKnsoN.\A(ii:s.
DOROTHEE, tiimomméc la RaUc aux i>o.v arias, courlitac
ycnx d"or. WARCJ.LE, dame.
TUI^ODORA, sa (ante, vieille femme. cuacon ,
tE ROI DOV PÈDRE. liONEL,
L'INFANT DON HENRI, j XULIM Cl AU, Masrf*.
LE GRAND MAITRE DE > frères du Roi. UN fcUTER.
SAINT-JACQUES, ) l>às, csclavo.
DON JOAN, cavalier. UN PAGE.
LE XXIV, pcrc de don Juan '. MUSiaENi, DOVESXIQOU rÏLU, père de Dorothée.
La scène est à S^ville
JOLHNEE PREMIERE.