‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français] (volume 2)Chapitre 146 sur 183 · SCÈNE n · texte numérisé non relu

SCÈNE n

La rue dea Armes. U est nuit.

Enirent LÉO!SEL , DON JUAN el CHACON.

lioNEL.

Enfin nous voici arrivés à voire centre. GrAr<^< ;i Dic.i. noiig^voof assez couru les rues de Séville.

DON JDAX.

Le jour, je ne voudrais, pour rien au monde, m'npprocher de la maison de i'ingrate que j'adore; car elle pourrait croire que je viens la supplier. Mais la nuit je puis avoir celU consolation.

CHACON

Maintenant que la fidélité et la vertu de votre dame nous sont démontrées, nous comprenons que vous retourniez: auprès d'elle. Mais venir, la larme à l'œil etdegros soupirs sur les lèvres, adorer ces balcons et leur faire humblement la révérence comme à la coupe du roi , en vérité , c'est une folie *.

DaV JUAN.

Et une comparaison dans le goût de la tienne n'c^t qu'une sottise.

CIIACON.

Mieux vaut encore dire des sottises que d'en faire.

LIONEL

Mais, animal que lu es , n'est-il pas juste et cooTenable de sa-* luer le balcon de celle qu'on aime ?

CHACON

Oui, fort bien, mais dans d'autres circonstances.

LÉON EL

Et quand le roi boit!

CIIACON.

Pas davantage. Quand sa majesté boit, tous les gens de service s'inclinent en jetant en arrière la partie postérieure du corps. Or une assemblée tout entière dans cette posture, cela peut avoir des inconvénients.... surtout dans le temps des marrons '^. LiéoxBL.

Laisse U tes sottises, et réveille notre maître, qui est plongé dans une sorte d'extase.

CHACON

Holà, monseigneur 1 HoU, seigneur don JuanT <[ae voyet-Yous

à ce balcon ?

' La coupe du roi est en Btp«|(no l'objet d'un respect tout particulier. Quand on ta porte à U table du roi, et que l'hiiiMier annonco la eopal (U coupe I) tout ceux d«« vant qui elle passe s'inclinent humbleiacnt, et demeareot dans cette posture juaqu'i oe que la eopa soit à une certaine dittanec.

* Noos suppriaons le dëTeInppeoient, le inlt Goal de celtr p1aisaMeri« d^à safG» «aBtneDt hasardât.

JOURNÉE m, SCÈNE II. 26S

DON JUA.V.

Je VOIS qu'il est de fer, et que les appuis sont de marbre.

CHACON

Tenez, monseigneur, vous devez être dans des dispositioni poétiques, et vous devriez nous composer un sonnet.

Si je me sentais la force de i'acliever, je commencerais tout de suite.

C'est que, aussi, il n'est pas donné à tout le monde de bien Unir un sonnet. On en entend tous les jours qui commencent magnifiquement par des obélisques, des pyramides , des fontaines dt oristal, et qui finissent pitoyablement.

DON JOAN

Af-lu été poëte, toi ?

CHACON

Quatre fois. La première m'a valu des coups de bâton. La seconde, quatre curés vinrent m' exorciser, comme si j'avais été possédé d'une légion de diables. La troisième, on me chassa du village comme un pestiféré, comme un homme atteint d'une maladie contagieuse. Mais la quatrième, il faut tout dire, un sonnet me valut une paire de gants.

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