LE GREFFIER
Travo ! voilà une réponse qui ne manque pas d'audace... Un
' Àunque mal aguero tea, etc., clc.
il parait qu'il ëtail reslé quelque chose dicz les Es]>3gnols de la croyance aux a«giirc«.
homme tué sur la roule royale! et vous voudriez nous faire accroire que vous êtes un honnête et paisible voyageur! l'alguazil.
Vive Dieu! seigneur Mendoce, le défunt n'est autre que don ^cdre Ramirez.
LE GREFPIEK.
Oui, c'est lui , et il n'y a plus d'espoir. Voyez sur son visage la pâleur de la mort*
Je suis yenu à Tolède dans un moment de malheur.
l'alguazil.
Saisissez-le.
In moment.
l'alguazil.
Vous ne pouvez pas lutter seul contre cette troupe. — Montret ▼otre épée.
DON JOAN
Doucement, messeigneurs.
Eiirte CITRON.
CITRON, à part.
La vue de ces gens-ci m'a troublé le cerveau. — <Ju « >i ce donc ?
Où fes-tu arrêté, imbécile?
l'alguazil.
Quel est ce garçon-là?
DON JDA5.
Mon valet.
CITRON
Je venais sur une mule qui trotte par soubresauts et en cadence comme un vrai dromadaire, et qui ne changerait pas d'allure pour tous les trésors du monde.
l'alguazil.
Saisissez-moi cet homme-lè.
CITRON
Comment I lorsque je suis à peine arrivé l
Messeigneurs, s'il faut absolument vous prouver mou innocence . et si cet habit de voyage, mes plumes, mes bottes, mes éperons, ne suffisent pas , allons a la ville.
CITRON
Vous pouvez ôtre sans inquiétude. Montez sur voire mule et marchons. Uien de plus facile que de prouver que vous arrivez de Siville.
DO» JL'AÎT,
i ai mis pied à terre cl l'^pYe a 1.; r.iin pour sepircr dou-v (.avd-
liers; mais presque au même instant l'un d'eux, — celui-ci, — est tombé; et quant à l'autre, je n'en puis douter, il se sera empare de ma mule et l'aura pressée de manière à laisser sur moi le soupçon de cette mort.
CITKO.V.
Que l'on fasse un troc de joyaux ou d'épées , je l'admets sans peine ; mais prendre à un homme sa mule et en échange lui laisser un mort, cela ne me semble pas équitable. l'alguazil.
Pas de discours, marchons. Tout s'éclaircira à Tolède.
Nous voilà bieni ^vec la mule il m'a pris ma valise... et pour lui je suis accusé d'avoir donné la mort à un homme que j'ai vu seulement quand il l'a eu tué.
CITRON
Et moi, est-ce que je suis arrêté moi aussi î
lE GREFFIER.
(Certainement.
CITROX.
Eh bien î messeigneurs , en ce cas arrêtez aussi ma mule ; car si c'est un crime que de tuer un homme, elle a commis ce crime-là. . elle m'a écorché tout vif.
Ils sortent.