IN&S
Et vous, votre nom?
OTROlf.
Il est fort d'usage en Castille.
iNàs.
Mais enfin ?
Citron.
INÈS
Aigre?
aTROX.
Et doux... c'est selon.
Entre DOFf JUAN{ il tient i la main une leUre.
Tenex, portez ceci à votre maîtresse. OtTrez-lul en même temps cette bague comme un témoignage de ma reronnaissance, et diteslui que je lui appartiens pour la vie.— Tour vous, acceptez ces doublons sur ceux que vous m'avez apportés.
INÈS
Ma maîtresse va devenir prisonnière avec vous. — Je prenJ» la bague comme souvenir; mais pour l'argent, je ne puis l'accepter.
Foi de cavalier...
iNàs.
Vous ne me persuaderez pas.
• Ce» mou [iubttauaa vi rtduuion] , alors nouveaux en liijugnc, Uitaieai prvo»- Uemrnl parlic du Vocaliulaiic cIci culli$io5.
* LiV'^'raloniccl : < El ipn, avec la yusJ4xa (lei cheveux qui sont sur les leapci] el k» CiToris, paraît an demi-masque. »
Non, monseigneur, n'insistez pas. C'est méconnaître son désintéressement. Elle ne peut pas accepter, surtout si elle savait... INÈS, à don Juan.
Je suis en retard. Veuillez me dire votre nom, et adieu.
J'aurais voulu le taire; mais je ne puis, ce serait une défiance injurieuse et une ingratitude. (Haut.) Je m'appelle don Juan d'Aguilar.
INÈS
Adieu donc, seigneur don Juan.
CITRON
Adieu, ma reine.
INÈS
Adieu, joli garçon.
LJetOM.
CITRON, courant après Inèi, N'oubliez pas mon nom, je vous prie.
Qu'est-ce que tout cela signifie?
CITRON
Que vous êtes un mortel bien heureux.
Le billet est charmant.
aTRON.
Ravissant.
DON JUAIf.
Et je raffoUe déjà de cette femme.
CITRON
Bravo !... sans l'avoir vue?
DON lUAN.
Je l'ai vue.
CITRON
Où cela ?
Dans mon imagination.
CITRON
Votre imagination pourrait bien vous abuser.— Ces témoignagei de sympathie m'ont toujours été suspects. Donner de l'argent et cacher son nom... c'est mauvais signe.
Pourquoi cela?
CITRON
Je parierais que c'est quelque vieille femme.
DON JUàN.
Tu crois î .. ..
CITRON
El qu'elle se joue de vous.
DON JUAIf.
En ce cas, je l'aurai échappé belle. — Jelui renverraison argent»
CITRON
Un étranger avoir une pareille avenlurel
Tu n'as peul-êlre pas tort.
CITRON
Il y a des vieilles femmes chez lesquelles le désir ne vieillit point, et qui donneraient beaucoup pour un jeune homme comme tous. Prenez garde !
Tu as raison.
CITRON
Il y en avait une naguère qui me lorgnait. Elle n'avait plus de sourcils, et elle les teignait de la couleur de son vêtement. S'il était bleu, ses sourcils étaient d'un bleu superbe ; si de nacre, ils derenaient nacrés; si vert, je les voyais aussitôt verdir.
Tais-toi, tu me fais horreur.
ClTROn.
Je vous dis a vérité.
Est-ce que lu as eu quelque liaison avec elle T
CITRON
Que voulez-TOUS. . elle me donnait de l'argent mignon. — Et je conclus de là que vous serez pris tôt ou tard par des sourcils vertf.
DON JDAN.
Au nom du ciel ! ne me présente pas une pareille image.
CITRON
Pourquoi cela ?
j'admets bien des yeui verts... mais les sourcils!
CITRON
Eh bien! laissons cela. -Dites-moi, qu'allcz-vous faire pour sortir d'ici? car ça ne m'amuserait guère pour ma part de vivre ainsi eoffré.
J'aurai une protection.
CITRON
Laquelle?