‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français] (volume 2)Chapitre 17 sur 183 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

niÉxicE.

Ou avez'Yous à me dire?

i.ucixno.

Comme je manquais d'argent, j'ai envoyé Tristan pour la vendre,

TniSTAN, à part.

Pas si mal! [Haut.) En effet, je l'ai portée dans la maison d'un certain cavalier.

PnÉ.MICF..

Et quel prix vous en a-t-il donné?

TRISTAX.

11 était sorti, et je l'ai laissée chez lui pour qu'il la voie.

PHÉNiCE, à pari.

Ce coquin-là me pénètre ; mais je les repêcherai plus tard. (^1 Lucindo.) Qu'il ne soit plus question de cela, mon amour. {Appelant.) Célia!

CÉLIA, du dehors.

Madame?

pnn.MCE.

Arrivez donc.

Entrent CELIA, deux Domestiques et un Écuy(r.

L'Eciiycr a la serviette sur l'ëpaule; il porte sur un plateau un bocal de confitures,

une tasse, une soucoupe, etc., etc.

PHÉXICE.

Allons, ma chère vie, mangez un peu, de grâce. — Va, Célia, et apporte-moi ici mon pupitre. (Célia sort.) Mangez donc quelques friandises, 6 maître de mon âme l mangez, puisque vous êtes le seigneur de ce logis.

TRisTA.v, à part.

Que ces domestiques sont bien tenus !

LUCiNDO, appelant.

Tristan?

TRISTAN

Seigneur ?

LUciNDO, bas , à Tristan.

Tu t'abuses grandement à ne pas croire que cette dame soit une personne principale.

TRISTAN, de même.

Jusqu'ici j'ai eu assez mauvaise op-nion d'elle, j'en conviens; mais je reconnais que j'ai eu tort, et je vous demande pardon de mes peu' secs.

PH^NICE, à Lucindo.

Mst-ce que vous ne buvez bas?

[lucindo, aux domestiques .

Que l'on me donne à boire.

TRISTAN, bas, à Lucindo.

C'a été déjà assez i"^iuJent à vous de manger.

LUCINDO, 6a», à Tristan, Tais-loi. Je n'en ai fait que le semblant; j'ai gardé cbaaue morreau dans ma servieilc.

TRISTAN , de mime.

A la bonne heure!

LDCINDO, de mime.

Sois tranquille.

TRISTAN', de mime.

El vous allez boire?

LL'CLNDO, de même.

Oui.

TRISTAN, de mime.

Ne buvez pas, au nom du ciel !

LUCiNDo, de mime.

Que pcuUl y avoir dans du vin?

TRISTAN, de mime.

Je crains tout.

PiiéxiCE, à part.

Il n'a pas mangé! A-t-on vu des précautions aussi impertinentes? 1\ faut que cet homme soit un démon.

LuciNDO, aux domestiques.

Je ne bois que de l'eau.

PIIÉMCE.

Servez de l'eau à monseigneur. {A part.) H «oni^- ..mo nnolf^i.* ruse, je ne le tromperai que mieux.

CELIA rentre apportant un pupitre.

CÉLIA.

Voici le pupitre, madame.

PHÉNICK.

Apportez-le-moi vite.

CÉLIA.

Avez-Y0U8 la clef?

niÉMci.

Je Tai dans ma manche.

LUCIXDO.

Qu'avez-voui li-dedans ?

PirtMCB.

H est bien dépourvu ces jours-ci; il est pVin ordinairement de bagatelles, de riens. —Voici des gants; acceptez ces quatre pairei.

LDCIMDO.

lit sont parfumés d'alnbre?

PUIÎMCR

Oui ; ne les refusez pas, je me (arborais.

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