‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français] (volume 2)Chapitre 173 sur 183 · GIT KO · texte numérisé non relu

GIT KO

Je vais vous le dire. — Vn jour un hidalgo bel esprit * conimauda à ce peintre un tableau de la Cène, et, 1 œuvre achevée, il l'alla voir, et trouva la table toute pleine, d'autant qu'il compta jusqu'; treize apôtres. Sur quoi, fort étonné, il dit: « L'ouvrage est manqué, et je ne le payerai point. 11 y a ici un apôtre de trop. » — « Emportez toujours, ré|iliq(ia le peintre avec esprit; s'il y a ici quelqu'un de trop, il s'en ira après dtner. » Homme de règle et de compas, non moins adroit que les hôteliers d'Italie^, je compte sur votre exactitude, et j'espère trouver ici le treizième apôtre.

DON FERNAND

Sois tranquille, mon ami, on a gardé soigneusement la mulo et la valise.

r.lTUON.

Il était toujours bon de le rappeler!

Enlrcnl LÉON.XRDA, LISKME cl l.NÈS.

L^ON.\RDA, à don Fernand.

Je vous amène un hôte qui va, un peu malgré lui, honorer notre maison.

DO.N FKK.NAND.

Et moit de mon côté, j'amène un hôte qui, j'espère, ne sera pa» moins bien accueilli^.

Léo.NARDA, à part.

Jésus, qu'est ceci ?

DO.N Ji A.N, à part.

0 ciel! c'était sa sœur!

J'en suis émerveillé.

El moi, confondu.

Lisk.NK, à don Fernand.

ijuand on vient chez son ennemi, c'est que la réconciliation n'est pas loin.

Un hidalgo liailiillor.

* I iiw'i )t. iiiriii : < E<i<rit il<! Hl de pit«. » Il fait allumon i ce qu'il a dil, dan* f.i\ ;it Un (^10 «crue ili> la irconilo jouriiPC, fin l'adroKo avec laquelle Ict hôiclieri d'il ilio coiiiiicni cnsrinliic \v% mnnljnit de diiTcreiits oi»caui.

* L'c»|>agiiol rsl cltarmanl. I.r'nnarda dil : « Je vous am^ne une hôltttt [hut»' ptdo],> ■■"• '•"• . -' y- I •■• ' « -• -: V. - ,.,, h^ie [huetped). »

JOURNÉE m, SCÈNE I. 331

DOV FERNAND

Comment ai-]e été assez heureux pour triompher de tant de dédain 7

usèivE.

Parce que l'occasion était favorable et que votre sœur Ta exigé, à qui je dois beaucoup.

DON JDAN, à Citron.

N'est-elle pas bien belle ?

CITRON

Jamais, vive Dieu ! je n'ai rien vu de pareil, et vous devci de fameux remcrcîments à la fortune.

Ses yeux sont deux étoiles.

Ah! Inès! quel bonheur! don Juan dans la maison!

ixès.

Tout paraît se disposer pour le mieux.

DON JUAN, à Citrcn.

Que faire, mon ami ?

UTRON.

Bien cacher votre joie.

J'en suis tout ému.

CITRON

Pour moi, j'ai été fort content de voir rentrer la mule en scène, tant parce que j'ai à m'acquitter envers elle de quelque petit mémoire mulcsque*, que parce que je n'aurais point voulu qu'on vint à la fin de l'histoire nous dire : « Et la mule? »

DON FERNAND

Ma sœur, ce cavalier est celui à qui j'ai tant d'obligations. Je voudrais les reconnaître. C'est à vous de m'y aider parle bon traitement que vous lui ferez.

LÉONARDA.

Je suis prête à le servir en tout.

DON FERNAND

Je ne saurais sans vous comment m'acquitter de tout ce que je (ui dois.

LÉONARDA.

Vous ne me remerciez pas pour vous avoir amené Liséne?

DON FERNAND

jfe vous devrai la vie.

LÉONARDA.

Seigneur don Juan, mon frère et moi, pénétrés de ce que vous

* Tanto pot cumpUr con elta

Alyuna muiar memoria, etc., etc.

332 AIMKIl SANS SAVOIR QUI.

avez fait pour nous, nous voudrions vous en témoigner notre gratitude. Entrez, et reconnaissez cette maison'.

Il faut, madame, avoir pour vous les sentiments que je vous ai voués pour accepter cette faveur, et vous me comblez. J'allais partir; mais vous exigez que je reste, je me soumets à mon bonheur, et je resterai ici à vos ordres aussi longtemps que vous le voudrez.

lÉONARDA.

Vous vous conduisez en galant homme que vous ôles.

D0\ FERNAND, à Lisênc.

Venez, madame, prendre possession de cette maison qui est vôtre.

LisÈNE, à part.

L'amour est un rêve de l'àmc.

DON FERNAND

Place! place!

LISÈNE , à part.

J'étais venue avec des intentions pacifiques, et me voilà de nouveau prôlc à la guerre. Quel sentiment subit s'est élevé en rooi! X peine ai je vu un moment ce don Juati, et mon cœur est à luil

Ooii Fcruauil el Likcue aortem.

LÉONaUDA.

Entrez, mon bien, entrez, car vous aussi vous dov. 7 i.r'""»r<» possession de ces lieux.

0 mon bien adoré! je mets a vos pieds ma bouche et mon âme.

Uou Juan et Léonarda •orient.

CITRON

*otre çrace n'a rien à rae dire?

IN es.

Je suis à votre excellence.

CITRON

Je me félicite de me trouver dans la môme maison.

IN es.

Vous ne m'en avez pas beaucoup '^obligations.

CITRON

Avez-vous vu la mule?

INÈS

Ma foi, non. Pourquoi cette demande ?

CITRON

C (Si que je ne sais plus sur quelle bêle vous emmener si ooiu liions nous marier au pays qui a vu naître la mule

• Bntrnd. y r«coiMC«f

kitt cu(a.

formule de poliieeM e»|>agDoIe.

Vous ne craignez donc plus de vous marier?

CITROX.

Nous savons le moyen de mettre la paix en Castille^.

INÈS

A un drôle de Séville

CITRON

A une luronne de Tolède^

II« iorUMt'

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