ACTE 111, SCÉNIi l
DINARDA.
Ce n'est rien. Votre pouls ne présente aucune agitation extraordinaire, et le front ne me semble pas avoir plus de chaleur qu'il ne faut
BEKNARDO.
Touchez-moi un peu au visage.
DINARDA.
Voire visage non plus ne me paraît pas trop échauffé.
BERXARDO.
Ah! quelle douleur! quelle horrible douleur!
DINARDA.
Où donc?
BERNARDO
AU cœur. H tressaille à chaque instant.
DINARDA.
Cet accident est étrange, en vérité.
BERNARDO
La cause ne l'est pas moins. De grâce, au nom du ciel, mettez votre main sur mon cœur!
DINARDA.
Soit!— mais dites à ce vilain mal de s'apaiser.
BERNARDO
Vous l'excitez, vous, au contraire. Ne sentez-vous pas ces baftemcnts qui se succèdent avec force?
DINARDA.
Je les sens. Mais d'où cela vous est-il donc venu?
BERNARDO
Quoi! vous ne le devinez pas?
DINARDA.
Nullement.
BERNARDO
C'est vous qui...
Comment! moi?
BERNARDO
Oui, vous-même.
DINARDA.
Finissons, s'il vous plaît.
BERNARDO
Doucement, ne vous fâchez pas.
DINARDA.
Oui-dà, je souffrirais que vous me parliez comme fi j'étai» uo^ femme !
Entre FABIO.
FABIO
Scrais-je utile par ici?
00 L'HAMEÇON DE rJlENlCE.
BERNAROO.
Oui, puisqu'elle veut nier.
FADio, à Dinarda.
Pourquoi refusez-vous d'avouer ce que nous savons tous les dcui?
DINARDA.
Vive Dieu! vous vous entendez ensemble.
FABIO
Il est vrai que nous nous sommes concerlds et qu'il a été convenu entre nous que ce serait lui qui commencerait l'attaque.
Infâmes!
FABIO
Me soyez pas inflexible; ne vous obstinez pas à soutenir une chose qui n'est pas.
BF.RNARDO.
Dès le premier instant où vous <Hcs entrée dans ie vaisseau, nous avons bien vu que vous étiez une femme.
DINARDA.
!\Ioi, une femme! quel outrage!
BEKNARDO.
Oui, vous.
DINARDA.
Moi?
BERNARDU.
Fubio l'a bien vu.
DINAKDA.
Qu'avez-vûus vu de moi, Fabio?
FABIO
thî j'ai vu... ce que je n'ai pas vu.
DINARDA.
Vilain insolent, si je lire mon épée...
OERNARDO.
Arrèloz!
DINARDA.
>ous me faites violence.
FABIO
Ne craignez rien. Ce n'est pas à n< ' .' nous jouerons le
rùlc des deux vieillards de Susanne.
DINARDA.
Pourquoi m'appelex vous ainsi?
FABIO
Par Oieu ! la raison en est claire. Parce que, — nous en sommes ictnoins, — vous êtes aussi belle, aussi innocente et aussi chaste...
On frappée la porio.
DINARDA.
Ahl \oici qui va me délivrer.
ai: ri: m. sci-nk i. o>
BF.IlNAIinO.