‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français] (volume 2)Chapitre 46 sur 183 · I»0\ FI-.I.IX · texte numérisé non relu

I»0\ FI-.I.IX

Je viens ici pour y tuer un homme, et j'en ai le droit.

LUCI.Nno,

Eh bien ! moi, je viens ici pour m'y venger dune femme; cl i'fljouie comme vous, j'en ai le droit.

DON FI^.LIX

Veuillex m'cmployer, Lucindo, si je puis vous servir en quelque chose conlrc la personne dont vous avez à vous plaindre.

LUCINDO.

Je vous conterais en détail celte aventure si je ne craignais ue vous ennuyer; mais je vous l'exposerai en peu de mots. - Je suis venu à l'alermc il y a environ deux mois, et j'ai, pour mon malheur, fait ici connaissance d'une femme qui a feint de m'aimcr. nox Fi-.i.ix.

Est-ce que les femmes .«avcnt aimer? Tantôt l'amour cil un jeu pourel'cs, tantôt elles franchissent toutes les bornes.

LUCINtiO.

Ma dame se montra fort éprise de moi, me prodigua les marques d'alTcetion, me combla de présents. Que vous dirai-je? L'hameçon auquel j'ai mordu aurait mis en défaut la sagesse même de f.alon; car j'ai eu alTairc à une espèce de crocodile qui pleure pour tuer traîtreusement. C'est une femme qui est a la fois dame et demoi- •elle, une courtisane aux apparences graves, qui sait tromper habilement, qui sait endammer un cœur en conservant sa présence d'esprit. Tour clic il n'y a pas d'amour ici bas; car pour qu'elle l'atloche, il faut que l'on soit une femme ou qu'on In mèr.c tara

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