‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français] (volume 2)Chapitre 60 sur 183 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

AtBÀNO.

Avec vous î

DINÀRDÂ.

Oui, avec moi. Adieu.

Elle tort ALBANO.

Vive Dieu ! chassons ces pensées importunes. II y aurait de quoi m'ôter la raison. Quelle ressemblance bizarre et cruelle! Par moments je suis sur le point d'atteindre la vérité , et ensuite elle se dérobe à mes regards. Tantôt je ne puis douter que ce soit elle; tantôt il me parait impossible que ce le soit.... Hélas! qu'ai-je gagné à la voir? Les sentiments qui n'existent plus dans son cœur se sont réveillés plus vifs qne jamais dans le mien. Entre CAMILO.

CAMILO.

J'ai parcouru toute la ville pour vous trouver, et je me félicite de vous rencontrer en ce lieu.

ALBANO

Doucement, Camilo; qu'y a-t-il ?

CAMILO.

Un homme mystérieusement enveloppé dans son manteau, un Espagnol arrivé ici depuis peu, s'informait de tous côtés de la demeure d'un certain seigneur Alhano. Je me suis approché, j'ai satisfait à sa question , et lui ai demandé aussitôt ce qu'il vous voulait. 11 m'a paru embarrassé, et m'a dit qu'il reviendrait. Après l'avoir vainement prié de s'expliquer, je l'ai suivi jusqu'à son logis, et j'ai interrogé ses hôtes sur son cornpte. alba.no.

Eh bien ?

CAMILO.

On n'a rien voulu me dire. Mais j'ai couru vers le port, et là j'ai vu un navire valencien arrivé dans la matinée, qui, dil-on, avait amené plusieurs personnes de Séville.

ALBANO

De Séville ?

CAMILO.

Oui, et j'ai idée que ce cavalier n'est autre chose que don Félix.

ALBA.NO

Cela se pourrait bien ; et sans doute qu'il médite quelque tra, hison.

Entrent I.UCINDO cl TRISTAN.

LUCIîfBO.

Mon hameçon l'a piquée parfaitement.

TRISTAN. 0

Oui, et elle a mordu divinement.

LUCINnO.

i/argent esl-il dans le vaisseau ?

TRISTAN

Nos gens l'y ont transporté.

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