‹ Théâtre de Lope de Vega. Traduit [en français] (volume 2)Chapitre 63 sur 183 · ACTE 111, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE III

qui m'amène. — J'étais allé sur le port afin de savoir des nouvelles d'un de mes compatriotes qui vient me chercher à Palerme avec d'assez mauvaises intentions, lorsqu'un navire valencien qui mettait à la voile a attiré mes regards. Tandis que je m'amusais à suivre des yeux la manœuvre des matelots, deux hommes se sont approchés de moi, et l'un d'eux m'a donné une lettre, en me priant de la remettre moi-même demain matin à Phénice. Je lui ai répondu que je m'acquitterais de sa commission ^dèlement. Là dessus les deux hommes, dont l'un semblait être le 'Te de l'autre, se sont jetés dans une barque en riant, et ils oi.t gagné le vaisseau en riant toujours. Puis les voiles du vaisseau se soni déployées, il a quitté le rivage en se balançant, et je n'ai pas tardé à le perdre de vue.... Inquiet sur le contenu de cette lettre, j'ai cru devoir vous l'apporter sans attendre davantage. La voici. pnÉMCE, en prenant la lettre.

Je crains un malheur; je n'ose ouvrir celte lettre. {Donnant la lettre à Osorio.) Ouvrez-la, capitaine.

LE CAPITAINE

Voici ce qu'elle dit. [Lisant. ) <» S'il vous en souvient, ma petite » harpie , vous avez péché naguère deux mille écus avec votre ha- » meçon, votre déguisement de deuil et vos larmes feintes »

PIIÉMCE.

Âh 1 Lucindo !

LK CAPITAINE

Laissez-moi donc achever. ( Lisant ) « Mais j'ai opposé la ruse » à la ruse , et j'ai recouvré mon argent, et je me suis vengé >

PIIÉMCE.

Comment? de quelle façon ?

LE CAPITAINE

Nous allons voir. {Lisant ) « Vous saurez, ma belle ennemie, )> ijue les marchandises renfermées dans le magasin ne sont qu'une » fiction comme vos larmes et votre deuil. Les caisses ne contien- » nent en tout et pour tout, sous le couvercle, que six aunes de » drap, et les tonneaux sont remplis d'eau. Le premier seulement, » qui est le plus près de la porte, vous fournira dix livres d'huile » de première qualité. Vous m'aviez dérobé deux mille ducats, et je » vous en prends trois mille, gardant l'excédant de celte dernière

somme pour le change, la commission et les frais de transport. ') Adieu, ma belle ennemie; je vous paye en votre monnaie , — » mensonges pour mensonges. »

PHÉ.VICB.

0 l'infâme brigand!... Laissez-moi courir à sa poursuite.

alba.no.

Ce serait une peine inutile; le vaisseau est au moins à dix lieues dif p3rt.

M I/HAMI'XON I)K PHKNICE.

niKNir.E.

Ou<» u'ai-j»' dt> .lilcs pour volei I

<'.a!iiie/-vo(is . inadatne.

IMIÉMCE, en faisani le signe dû lu croix. ]>ieu puissant! Jésus! Jésus!

Clf.LIA.

r.omino vous vous signez !

PIIÉMCE.

Je suis femme, et je sens vivement une injure. — Mais, pardonne/, don Junn; trois mille ducHis de moins ne paraîtront pas

sur ma fortune.

DINAKDA.

Si Tii. |Miif lic VOUS afflige pas, mon bien, je w ^ a. ...ikùw

Ktilr. ni DOr: FÉLIX, DONATO cl deux Miiilaires. DON FÉLIX, aux Militaires.

Ils sont entrés tous les deux dans celte maison. Je les ai vus.

PIIÛ.MCE.

Ou»' si|;iiifio Celle visileî

CÉLIA.

Cela est drôle '. des gens qui Yicuncnl assister à une noce cou verts lie leurs manteaux.

DON FÉLIX

Poursuive/ . continuel , ne vous der-m^rez uns ; nous n'avons fias lie ni.uivaise< intentions.

LK CAPITAIM

Alors dépouillai vos manteaux. Sans quoi , vive Dieu! je vous ferai sortir plus vite que vous n'êtes entrés.

DON FÉLIX , écartant ton manteau.

Bien que les menaces ne m'effrayent pas, je puis et je dois me moi "ler à visage découvert. — Je suis Espagnol, et j'arrive de Sévill -i votre recherche, don Albano.

ALBANO

' .n Félix !

DON riux. Oui , don Kélix, qui voudrait vous parler seul à seul dam le el nmp.

ALBANO

Je n'ai jamais refusé, vous le savez, et je ne refuserai jamais u» rondez-vous d'honneur : je vous suis.

DINARDA.

Un moment arrêtez. Expliquez-vous, dites moi les motifs qui

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