ACTE II, SCENE I
côté nous ne pouvons apercevoir ta conquête imaginaire. Je ne te demande plus maintenant de ricliesses; garde, garde pour toi toutes les mines d'or, et montre-moi seulement un épi de blé.
TERKAZAS.
Beaucoup dans l'antiquité ont voulu se faire pa^scr pour des dieux; et les uns se sont donné la mort; les autres , pour montrer leur divinité, se sont métamorphosés de diverses manières. 11 y en eut un qui sut imiter le bruit du tonnerre. Un autre était parvenu a instruire des oiseaux qui disaient: « Celui-là est dieu; il faut l'adorer.» Notre capitaine, comme un nouveau Luzbel, a voulu se faire dieu, et pour prouver son pouvoir il a voulu créer un monde. Eh bien, celui qui , comme le mauvais ange, a voulu s'égaler à Dieu et usurper sa puissance, si nous ne pouvons pas le précipiter dans les enfers... la mer est là... nous pouvons l'y jeter.
PINZON
Maudites soient, mathématicien imposteur, tes mappemondes qui, avec ton compas, te servent à couvrir tes mauvais desseins ! Nous allons voir par quels diaboliques stratagèmes tu échapperas à notre juste fureur. Tu auras le sort de Jonas... et comme celui qui le premier imagina les courses de taureaux, tu périras dans ta propre invention. Allons, amis, saisissons-le. COLOMB , à part
C'en est fait de moi.