LE D^OX
Ton dieu.
DULCAN.
Pourquoi m'empôcher de sortir?
LE DÉMON
Pour que tu n'ailles point là-bas?
DULCAN.
Je ne puis t'écouter : je l'ai promis.
LE DÉMON
Je te tuerai.
J'espère que non.
Alors où vas-tu ?
DULCAN.
A la messe.
LE DÉMOIf
Insensé, qui crois à celle feinte amitié ! Ne vois-tu pas que ces hommes, sous prétexte de religion, viennent ici prendre ton or, et qu'ils feignent de travailler à l'établissement du christianisme jusqu'à ce que d'.iutres les remplacent, qui achèvent de t'enlever toutes tes richesses? — Car voilà que Colomb arrive en Kspagne.
DULCAN.
Alors, Ongol, dis-moi, à quoi verrai-je que ces gens-là jne trompent?
LK DÉMON
A ce que le Soleil vient de voiler sa face pour ne pas être lémoir» de ton abandon. — Et puis, écoute. Ce i)erlide llodrigue qui se dit lo" ami, c'est lui qui l'a enlevé lacuana. II prétend qu'un autre
DULCAN»
LE DÉMON
«78 LA DÉCOUYEUTE DU NOUVEAU MOXDE.
l'a enlevée, l'a conduite à travers la forêt, et la lient cachée dam le creux d'un rocher. C'est lui qui la garde, lui qui la possède, lui qui vient de passer la nuit auprès d'elle. — Que dis-iu mainlenanl de leur religion ?
DULCAN.
Rodrigue avec Tacuana?
LE DÉMOX.
Si tu ne me crois pas, veux-tu venir à son logis f
DULCAX.
Oh! les perfides! les traîtres! cruels Espagnols, qui commettent des crimes sous les dehors de la piété chrétienne!... Aux armes. Indiens! aux armes!
LK DIÉMON.
Appelle, appelle aux armes! La justice, la raison est pour toi; pour toi sera la victoire. — Va troubler la messe qu'ils célèbrent.
DULCAN.
Qu'ils meurent ! qu'ils meurent !
LE DéMO?r.
Il faut joindre l'cfTet aux paroles.
DUl.CAl^f.
J'y consens. — Qu'ils meurent! qu'ils meurent I
LE DÉMON
!\larche! hâte-loi.
DUI.CAN
Je veux aujourd'hui que leur joie soit convertie en deuil !
il wrl. Une loilc se love ; on voit un anlcl couvert de ciergn cl (urmonté d'une croit : de chaque côte de l'a ilel tombe l« statue d'une idole, et il en sort six dénota.
LE DÉMO>f.
Tu as vaincu , Galiléen , comme disait Julien l'Apostat, tu as
vaincu! Ma résistance a été inutile ! tu triomphes!... .Maintenant que lu es descendu du ciel dans ton sacrifice , tu as pris possession des Indes , je lo cède cet empire et retourne en ma prison. Dans le corps de CCS hommes bniinux , j éla > comme ces esprits qui jadis ciilrorent dans le corps d'atiimaux inmiondes , et comme eux lu me précipites dans les abtmcs. Désormais j'abandonne la Icrre où je &uis sans pouvoir. Tu as racheté le monde, et le monde entier est à loi!
lltoru Enlrcnl TERRAZAS, l'épéc à la main, cl DULCAN, armédVcf iisssnic. A Im0 sufle, enlrcni LES ESPAGNOLS el LES INDIENS, qui se ballciU.
DULCAPf.
7rappez ! frappez ! car ils nous trompent.
TKHUA7AS.
Hélai! je suis mort.